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" On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.

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Soirées de science-fiction bis (Alien – Ridley Scott, 1979 ; Aliens – James Cameron, 1986)

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Technique 

Esthétique 

Emotion 

Intellect   

 

Avant toute chose, un mea culpa : les articles sont trop rares. Mais joie : je viens de terminer mon bouquin, je vais donc disposer d'un temps fou, ou bien colossal, pour alimenter le Massacre. Quantité de films vus ne pourront pas être chroniqués car trop lointains maintenant dans ma tête. Le souvenir a succédé à l'impression, et quand c'est le cas, je me refuse à retranscrire des diatribes trop imparfaites. Néanmoins, au moment même où je regarde Eragon, un film merdique adapté d'une série de romans jeunesse à succès, voici restitué à la lettre un début de bafouille que j'avais enregistré après avoir vu Alien de Ridley Scott. S'en suivront quelques commentaires très courts sur d'autres films vus depuis.

 

"Suite de nos deux soirées de science-fiction sur M6. C'est qu'il y en a, des choses à raconter après tant d'attente cumulée (pauvres smicards que nous sommes à nous enthousiasmer sur les films qui passent à la télé le lundi soir ; on touche le fond). Un bémol néanmoins : des quatre films que nous vîmes en deux soirées, seul un était vraiment bon. Mais alors celui-là, pardon ! Il rattrape tous les autres de sa fabuleuse beauté. Alien, le premier, celui de Ridley Scott, voilà de quoi l'on parle messieurs-dames. Ridley Scott, je ne comprendrai jamais. Comment un type qui a enchaîné Alien puis Blade Runner en 1982, des sommets du cinéma de SF, des oeuvres qui ont inventé une esthétique, ouvert un nombre considérables de portes dans le cinéma, a-t-il pu poursuivre avec des films aussi atones ensuite ? Quelques succès populaires au début du XXIe siècle, avec Gladiator et Hannibal notamment que j'aime plutôt bien l'un et l'autre. Mais c'est si immensément éloigné des canons qu'il a lui-même établis, ne serait-ce qu'à ses tout débuts lorsqu'il signa le très beau court métrage Le Garçon à la bicyclette. Ce qui a pu se passer, c'est qu'au plus fort de sa carrière (fin 1970, début 1980 donc), ce mec par ailleurs brillant a su s'entourer d'autres mecs brillants qui ont contribué à transformer des projets intéressants en chefs d'oeuvre. C'est qu'on oublie trop souvent, dans le cinéma, le rôle des techniciens de la photographie, des décors, du design, de la musique, pour se focaliser outre mesure sur le réalisateur. Rappelons ainsi que Alien doit une bonne partie de sa réussite à au moins deux autres petits génies que Ridley Scott : Dan O'Bannon, auteur du scénario original diablement futé et au propos recherché ; ensuite le design de la créature, pensé par le Suisse Hans Giger, génial graphiste et plasticien qui récupéra pour ce film une partie du matériau pour le projet de Dune par Jodorowski, avorté finalement. Voilà, c'est fait."

 

Voilà. Disons pour conclure que Alien est un film fabuleusement beau, un des plus beaux films de SF de tous les temps, contrairement à ses suites. Le deuxième volet, dû à la patte techniciste de James Cameron, fut très décevant : Ripley, toujours sous les traits de la géniale Sigourney Weaver, de femme battante ayant agrippé le flambeau de la masculinité, devient femme apeurée avide de protection, ce qui promettait d'être intéressant. Las, on n'assiste qu'à un empilement de cadavres de marines. Le troisième est un peu mieux, avec David Fincher derrière la caméra, avec pour cadre une prison et comme personnages de joyeux incarcérés déviants. Le quatrième détonne pas mal, dû à la french touch de notre Jean-Pierre Jeunet national, et il y a quelques trouvailles géniales (Ripley en semi-alien, l'alien blanc aux réactions infantiles) bien que esthétiquement sans grand intérêt. Dans l'absolu de toute la saga, le premier épisode écrase tous les autres de sa classe, de sa beauté, de sa fulgurante gestion du son et de l'image.

 

Par la suite, nous avons achevé de voir la préquelle trilogique de Star Wars avec La Revanche des Siths. C'est le meilleur, ou le moins mauvais, de ces nouveaux-anciens épisodes. Notamment, la réintégration progressive de l'esthétique des vieux épisodes est assez réussie. Le scénario parvient même à devenir, parfois, passionnant, et l'on pige un peu mieux les interminables intrigues politiques qui émaillaient les deux précédents. Et puis la fanitude est comblée par un ensemble de gimmicks réjouissants (le souffle de Dark Vador, la coiffure de Padmé qui rappelle celle de Leia, etc.). Revoir l'épisode IV, le tout premier d'origine donc, a néanmoins jeté une nouvelle vague de froid sur la trilogie toute neuve : George Lucas était bien plus inspiré dans les années 1970. Malgré les rajouts numériques récents qui polluent la mise en scène, Un nouvel espoir est considérablement plus joli et mieux rythmé que ses descendants. Regardé avec objectivité, il pullule d'approximations qui font très série B (inserts inutiles, faux raccords, scènes trop longues, etc.) mais regorge par contre d'inventions et parvient à mettre en place un univers très riche et cohérent. C'est tout pour ce soir, mais les lendemains chanterons !
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