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" On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.

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De la SF, de la SF, de la SF ! (Star Wars V : L'Empire contre-attaque – George Lucas, 1980)

http://media.paperblog.fr/i/198/1987969/star-wars-episode-v-lempire-attaque-dvdrip-L-1.jpeg

 

Technique 

Esthétique 

Emotion 

Intellect   

 

 

Aucune raison de s'arrêter ! On continue à égrener les épisodes de diverses séries SF sur M6. Oh, j'aurais pu vous parler de V pour Vendetta, avec Nathalie Portman qui joue la fille et Hugo Weaving qui joue le héros (mais ça ne sert à rien car il est masqué). Le film est relativement raté car esthétiquement atone, à l'exception de quelques passages dotés de jolies ombres (cela reste peu). Trop éloignée de la beauté brute de la bande dessinée, on n'y croit pas une seconde, à cette histoire rendue trop grandiloquente et jouée sans passion. Pour autant, ça se laisse regarder. J'aurais pu vous parler aussi de Highlander, vu trop distraitement mais qui m'a eu l'air de renfermer un très gros potentiel nanardesque. Il fut tel que je m'y attendais : bourré de fautes de raccord au niveau lumière et tonalité, ultra-méga mal joué, à commencer par un Christophe Lambert sidérant, moche jusqu'à la lie à cause d'effets spéciaux mal intégrés, ridicule à force de faire parler ses roturiers comme des héros shakespeariens. Dans mon souvenir, la série télé avec Adrian Paul était nettement plus chiadée. Mais il faudrait y revoir. Enfin non, je ne parlerai pas de tout ça, tant pis, car ce soir il y avait Star Wars.

 

Cet épisode est le meilleur de toute la série passée, présente et (pronostiquons) à venir. Le scénario parvient à reprendre le fil d'une boucle qui paraissait achevée dans le premier épisode (donc le quatrième si vous suivez un peu) tout en ouvrant d'autres pistes, d'autres interrogations qui font frémir d'avance. Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Jugez plutôt : les gentils rebelles, emmenés par Luke et la princesse Leia, ont trouvé refuge sur une planète enneigée, balayée par le blizzard et pourtant bien vite découverte par l'Empire. Parti en mission de reconnaissance, Luke est agressé par un yeti en peluche et s'en sort in extremis, avant d'être secouru d'une morte glaciale par son pote Harrisson Ford. Sans transition, l'Empire débarque avec ses troupes de choc pour casser du rebelle. S'en suite la plus belle scène de bataille jamais filmée dans l'histoire du cinéma. Pourquoi ? Parce qu'elle fait habilement alterner les masses qui s'affrontent à grande échelle (les inénarrables quadripodes qui tirent contre les réacteurs, les vaisseaux spatiaux démesurés qui se font face) et les individualités qui s'opposent à de grosses ou de plus modeste cibles. De manière générale, la qualité de l'épisode V est là : dans la fluidité de l'alternance entre grande et petite échelle, entre problématique de masse et problématique individuelle.



http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/cinema/photos/diaporama/images/l-empire-contre-attaque-the-empire-strikes-back-1979__10/5999862-1-fre-FR/l_empire_contre_attaque_the_empire_strikes_back_1979_reference.jpg
Parvenu sur la boueuse planète Dagoba, Luke Skywalker exulte : il a heureusement pensé à se munir d'une machine à laver !
 

 

Ainsi, mis en déroute, les rebelles s'éparpillent et se tirent comme ils peuvent : tandis que Leia et Solo tentent de sauvegarder les vestiges de la rébellion (tissant une amourette par dessus le marché) et se trouveront poursuivis par l'Empire, Luke part sur une planète nauséabonde... pour poursuivre son apprentissage de Jedi, c'est à dire dans un but quasiment religieux ! Voilà ce qui fonctionne bien dans L'Empire contre-attaque : le montage alterné entre les deux (parfois trois, si l'on compte les scènes côté Empire) points de vue privilégiés (Luke-Leia-Vador) passe bien sans guère de cassures dans le rythme, ce qui était un peu le problème dans le précédent, et le sera plus encore dans la nouvelle trilogie. Parlons-en de celle-là tiens : par sa faute, on se fade à la télé les épisodes "remasterisés" qui préparaient capitalistiquement sa venue. Du coup, des plans, des scènes ou des effets spéciaux sont rajoutés qui viennent flinguer une harmonie de rythme malgré tout précaire (on s'aperçoit du reste que les fameuses transitions en fondus latéraux des préquelles, censément "hérités" des vieux épisodes, sont en fait beaucoup plus discrets et moins nombreux en iceux !).

 

Bon, restons sérieux, on reste dans Star Wars. Au niveau du cadre, de la beauté de l'image, on est pas dans du bon cinoch élégant et travaillée. L'ensemble reste honnête et recèle deux ou trois scènes qui utilisent à peu près le cadre et le montage pour suggérer une mise en scène (par exemple sur Hoth, lorsque la porte de la station rebelle s'abaisse, condamnant Luke et Solo à passer la nuit dans le froid, et que l'on assiste aux réactions de Leia, Chewbacca et des droïdes). Mais c'est tout. On a, comme d'habitude, un chouette éclairage pour la scène de combat au sabre laser, voilà, sans plus. C'est prenant tout de même, parfois naïf, romantique dans le pur classicisme hollywoodien, tout en réservant quelques surprises, comme le personnage de Boba Fet, comme la très dure scène de cryogénisation de Solo. Au lieu des répliques culte, dont je ne suis pas très friand, j'en retiendrai aussi et surtout l'utilisation de la musique de John Williams, qui est narrative et signifiante comme rarement elle a pu l'être au cinéma. Non seulement chaque personnage, chaque situation a son thème musical, mais encore chaque variation dans ce thème peut suggérer quelle particularité est insufflée au personnage/situation à ce moment là. Disons, pour finir, que je suis ton père, et que non, n'essaye pas, fais-le ou ne le fais pas.
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