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" On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.

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Semaine ensoleillée en BD (avril 2011)

http://statics.terresdelegendes.fr/wp-content/uploads/2011/03/fr-03042011dargaud_philemonINT01.jpghttp://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/9/4/6/9782940329649.jpghttp://marcfvb.files.wordpress.com/2011/03/royal-space-force.jpg?w=197&h=300http://www.notembulles.info/public/images/effem/2008/semestre%201/Chronokids_01.jpghttp://www.animeland.com/files/critiques/18655/vacances-jesus-bouddha_couv_1.jpghttp://www.playergame.fr/boutiquepg/images/bamboo-blade-1.jpghttp://www.bd-sanctuary.com/couvertures/big/la-terre-vue-du-fiel-bd-volume-1-simple-19715.jpg

 

 

 

 

"Mais Nicolas, dehors le soleil est haut dans le ciel ! Abandonne donc ton dispendieux art séquentiel, et viens plutôt te distraire avec nous !" "Jamais, béotiens. L'astre luisant n'est pas seulement dans le ciel, il est aussi dans les jolies bédés que j'ai sélectionnées cette semaine. Venez-y donc voir."

 

Rester à l'ombre m'a permis de découvrir la BD de la semaine : Philémon (Fred, recueil luxe, Dargaud)(). Oh mais quelle belle surprise, dis donc. Ce classique méconnu m'avait échappé jusqu'alors, malgré sa débordante inventivité. Philémon est un jeune campagnard hors du temps, affublé d'un polo marin trop court (je ne résiste pas aux polos rayés...) et d'une curiosité insatiable. Raillé par ses pragmatiques pairs, il s'embarque pour des aventures toujours plus rocambolesques, fleurant bon le surréalisme : il va rapetisser, grandir, croiser des trapézistes au-dessus d'un canyon, un hypnotiseur, j'en passe et des meilleures. Il est tellement visible que le scénario est écrit au fur et à mesure que ce n'en est guère gênant. Au contraire, il se dégage des péripéties une énergie considérable paroxysmée par le hasard et l'approximation. Fred laisse non seulement libre cours à ses fantasmes, mais encore à sa créativité en terme de mise en scène : l'utilisation du matériau séquentiel est constant. Renversement des axes, plans vertigineux en plongée ou contre-plongée qui fracturent le récit, textes à l'envers, pleines pages sporadiques, c'est le festival perpétuel d'un auteur qui a tout pigé à son support d'expression. Alors bien sûr, tout cela n'est pas exempt de naïveté, d'un peu de laisser-aller au niveau du dessin par moment, mais à côté de ça, quel plaisir !

 

Ensuite, il fallait bien finir par y venir : Cinq mille kilomètres par seconde (Manuele Fior, Atrabile)() ayant remporté le trophée suprême à Angoulêmes, je ne pouvais pas y couper. Au final, que dire ? C'est une très belle BD. La colorisation notamment, est fabuleuse, alternant des unités chromatiques fort bien rendues par une esthétique assez soufflante. Mais si l'on enlève les couleurs, que reste-t-il ? Un gentil scénario pas mal construit autour d'un triangle affectif italien qui traverse les âges et les lieux. C'est à peu près tout. Alors certes, il y a une fulgurance, mais la maturité d'un Astérios Polyp plus complet par exemple, n'aurait-elle pas mérité mieux qu'un prix annexe ? Également, notons un comics sympathique, belle idée fort bien scénarisée par Warren Ellis : Royal Space Force (Delcourt)(), une uchronie autour de la course à l'espace (remportée par l'Angleterre plutôt que les States). Les allers-retours dans le temps, qui construisent un grand nombre de niveaux de narration, ne sont jamais gênants. Par contre, si le dessin technique (j'entends par là les vaisseaux surtout) est tout à fait plaisant, le reste manque singulièrement d'âme, y compris dans certains choix de découpage pour le moins moches. Signalons une autre BD primée à Angoulêmes dans la section jeunesse : les Chronokids (Zep, Stan & Vince, Glénat)() remplit parfaitement son office de divertissement autour des voyages dans le temps de deux gamins (un frère et une soeur) complètement irresponsables. Ce qui fonctionne bien, c'est la tonalité complètement décomplexée qui rend les petites histoires jamais lénifiantes, souvent marrantes, et l'on échappe aux morales à deux sous. Niveau dessin, ben c'est du Zep.

 

C'est le moment d'aborder la sortie manga la plus hype du moment : tout le monde s'extasie devant Les Vacances de Jésus et Bouddha (Hikaru Nakamura, Kurokawa)(), publié en grande pompe et propulsé en direction des meilleures ventes. C'est du potache humoristique mettant en scène les deux célèbres prophètes dans l'époque contemporaine, débiles à souhait et pour le moins désoeuvrés. Mais n'y a-t-il personne pour souligner l'humour navrant de ce volume, l'absence de toute cohérence dans la narration et le manque général d'intérêt ? Bon eh bien, c'est fait. L'autre manga de la semaine, selon l'ordre alphabétique, est Bamboo Blade (Masahiro Totsuka, Ki-oon)(). Ce sont des lycéens qui font du kendo. Shonen ultra-classique, tout se tient mais rien ne dépasse. Sans intérêt. Enfin, déçu du recueil de dessins de presse de Jul (La Terre vue du fiel, Dargaud)(), garçon dont j'aime bien la série Silex and the city, qui là fait dans la petite blague rigolote dont il manque une dimension supérieure pour en faire un Plantu par exemple. Il est vrai que l'imagerie de Jul est plus étendue, plus contemporaine... il aurait en fait fallu beaucoup plus d'illustrations dans le recueil pour s'en faire une meilleure idée.

 

À défaut, allez va, je veux bien me laisser aller à un petit bain de soleil, mais seulement avec un café jamaïcain sur la table et un bon journal à côté d'icelui.

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