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  • : " On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.
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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 20:12

Le Massacre, tout frais et revenu de vacances, se remet encore des dures randonnées de l'été : pédestre dans le Massif Central, gastronomique dans le Tarn. Vous excuserez donc ces deux petites chroniques laconiques qui porteront sur une sorte de sous-genre de la SF que l'on pourrait nommer "fiction carcérale". Rappelons le principe : des adolescents sont emprisonnés, physiquement ou non, dans un jeu pervers et mortel, et à la fin il ne doit en rester qu'un. Les Japonais y excellent, mais ce sont deux Américains qui nous intéressent, lu et vu conjointement et tout à fait par hasard. 

 

 

http://i31.servimg.com/u/f31/11/31/34/62/391510.jpg

 

 

 

Technique 

Esthétique ♦♦

Emotion 

Intellect  ♦♦

 

 

Marche ou crève (The Long Walk) de Stephen King, vous devinerez jamais, ça se passe dans le Maine. 100 ados volontaires supervisés par des soldats se lancent dans une course à la mort sans jamais devoir ralentir à moins de 6,5 km/heure. Chaque faute est sanctionnée d'un avertissement. Trois avertissements sont sanctionnés d'une balle dans la tête. Le gagnant est celui qui reste à la fin. Non seulement King met en place une superbe allégorie de la société moderne, composée de veaux suicidaires menés par un goulet d'étranglement jusqu'à l'abattoir volontaire, mais il parvient à captiver comme rarement – je veux dire, encore plus que d'habitude.

Le fil des descriptions altéré par la lucidité de plus en plus vacillante du personnage point-de-vue, les dialogues prononcés entre deux souffles vitaux, les instants d'horreur scalpélisés en deux phrases atroces, tout concourt à ce que, littéralement, on marche avec ces garçons. King souffre de pauvreté sémantique ? De construction mécanique ? OK, mais j'ose le dire : je ne me suis pas souvent senti aussi physiquement inclus dans une narration. (Il est possible que mon impression ait été renforcée par le fait que, dans la semaine où j'ai lu ce bouquin, je marchais aussi une douzaine de kilomètres par jour). Et en plus, King parvient, en filigrane, à dessiner une redoutable dystopie alors que le système politique de cette SF qui ne dit pas son nom est à peine évoqué dans le texte. Très fort.

 

 

http://media.melty.fr/article-951496-ajust_485/hunger-games.jpg

 

 

 

Technique ♦♦♦♦

Esthétique ♦♦♦♦

Emotion ♦♦

Intellect  ♦♦♦♦

 

 

Je n'ai pas lu les romans Hunger Games mais je subodorre qu'ils sont au niveau du film tiré du premier tome, c'est à dire très mauvais. Dans des USA futuristes dont les caractéristiques (post-guerre civile, État fascisant, propagande télévisuelle, découpage des rebelles vaincus en districts sauvages) sont expédiées par une description en cartons écrits avant même le début des images – suprême aveu de faiblesse narrative – un jeu pervers fait affronter 24 jeunes gens dont un seul pourra survivre.

L'idée et le scénario sont un copier-coller très édulcoré du splendide Battle Royale de Kinji Fukasaku. La réalisation est sans intérêt, il y a un petit effort sur les costumes mais leur rendu est trop artificiel, on baigne dans la niaiseuse attitude, les acteurs sont nuls à commencer par la nénette principale et la construction est catastrophique. On n'évite pas le sempiternel triangle amoureux, condition sine qua non de toute littérature jeunesse depuis Toilettes de Stephenie Meyer. Conclusion pour les plus jeunes d'entre nous qui viendraient à lire cette chronique : regardez (ou lisez d'ailleurs, il y a aussi le manga et le roman) Battle Royale, lisez Marche ou crève ou même certains mangas japonais proches de la fiction carcérale (Doubt, Dragon Head) mais ayez conscience que Hunger Games est un succédané d'une affligeante pauvreté.

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Published by Nico - dans Du papier
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