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  • : " On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.
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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 09:55

La télévision de la fin d'année. Il faudrait écrire un essai là-dessus. Dans les énoncés, on nous promet des trésors, des réminiscences merveilleuses, et bien souvent, ce n'est qu'une soupe pâteuse et homogène qui se trouve étalée sur l'écran domestique. Quatre notices, dont deux en forme de navets, et deux autres un peu moins blêtes, disons en forme de courges.

 

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/aventures/arsene_lupin,1.jpgArsène Lupin de J. P. Salomé (), version Romain Doris, est peut-être le pire film que j'ai jamais vu. Facile dans le top 5 en tout cas. Mon Dieu, c'est immonde. C'est le genre d'erreur qui arrive lorsqu'on demande à quelqu'un qui n'est pas cinéaste de faire un film. Si l'on me reproche d'accabler Salomé, accablons au moins, si vous le voulez bien, son équipe de montage. Car si la réalisation s'avère correcte, enfin disons conforme aux films français merdiques diffusés sur France 2 le dimanche soir, c'est à dire sans panache et sans idée mais sans vraie fausse note non plus, que dire du montage ? Mais pourquoi s'être acharné à assener un plan par seconde ? Là je déconne vraiment pas, ce n'est pas une façon de parler, il y a véritablement un plan par seconde. Même Jean-Marie Poiré ne nous avait pas habitué à ça. Par moments, pour montrer la même chose – disons un bijou dans les mains d'un personnages – Salomé nous fait trois plans cadrés exactement pareil sinon un subtil rapprochement ou éloignement sous le même angle. Mais ça sert à quoi ? Imaginez un film entier tourné comme ça, c'est tout simplement vomitif. Ajoutons à cette débâcle un scénario quelconque, un Romain Duris qui n'a retenu de son personnage que le côté stupidement guindé, des acteurs globalement nullissimes car très mal dirigés, vous obtenez une des pires purges intellectuelles qu'on ait pu voir sur un écran depuis dix ans. Je préfère encore regarder un film d'action philippin.

 

http://www.cin-et-toiles.com/images/notting-hill08.jpgCoup de foudre à Notting Hill de Roger Michell (est un peu moins pire. Il se dégage même quelque chose d'assez charmant de cette petite comédie romantique, quelque chose qui tient tout entier dans un clin d'oeil. Bon, je résume l'histoire : Hugh Grant est un beau libraire (déjà, le héros est libraire, waow !) divorcé qui croise fortuitement, dans son quartier de Notting Hill à Londres, l'actrice la plus bankable du monde. Ils s'amourachent. Julia Roberts, dans le film, s'appelle Anna Scott. Ma thèse, c'est que Notting Hill est un film de science-fiction. Eh oui ! C'est une uchronie dans laquelle Julia Roberts ne s'appelle pas Julia Roberts. Et je m'appuie sur un passage particulier pour étayer mon argument : après avoir rencontré la belle, Hugh Grant se rend dans une salle de cinéma pour y voir le plus récent film dans lequel elle tourne. Par son regard, on capte une scène. Eh bien c'est un film de SF ! Le plan que l'on aperçoit est même, dans son aspect général, une reprise flagrante du 2001 de Kubrick ! Il ne m'en faut pas plus pour décréter que Notting Hill relève de l'imaginaire. Bon, à part ça et l'ambiance anglaise qui change un peu des amerloques, une ou deux jolies séquences par ci par là, tout reste assez bancal, avec une deuxième partie très mal construite et fort peu d'imagination dans la mise en scène. Aucune comédie romantique américaine n'arrivera jamais à la cheville de Pretty Woman.

 

http://www.decitre.fr/gi/02/9782014634402FS.gifLa Belle et la Bête (), on me l'a souvent dépeint comme le grand renouveau de Disney du début des années 1990. On m'excusera, mais je daterai personnellement la période faste à partir de Aladdin, paru l'année suivante et à mon sens cent fois meilleur que cette bouse vue à la télé l'autre soir. Tout est vraiment laid dans ce film. Les personnages sont difformes, quand ils sont superposés c'est pire, on devine les couches de celluloïd. Les couleurs sont moches, les décors sont moches, les dialogues sont cons, et pire encore, les balbutiements de l'utilisation du numérique nous donnent les pires plans du film, notamment lorsque les deux personnages principaux entrent dans la salle de bal pour danser, on a un travelling avant servant uniquement à montrer l'animation numérique d'un lustre confondant de laideur. Il y avait pourtant matière à faire mieux avec cette jolie histoire ; il n'y a qu'à revoir l'adaptation de Cocteau à côté de laquelle ce Disney fait pâle figure.

 

http://moviereviews.allmyblog.com/images/moviereviews/1_20110302_141441.jpgEnfin, je ménagerai une bien plus grande indulgence à la suite de Madagascar (), bien meilleur que le premier. D'abord vachement mieux construit (quoi que, encore une fois, bien court), plus drôle, mieux dessiné et animé. Les péripéties et les gags parviennent même à surprendre, ce qui se fait rare dans le cinéma d'animation contemporain. Pour une fois, on a pas l'impression d'avoir vu ça dix fois. Il y a du comique de situation formidable par moments (surtout avec les pingouins d'un côté, et la vieille folle de l'autre), et le fond n'est même pas stupide : cette façon de confronter des groupes de personnages issus de la civilisation et de la vie sauvage, de la culture et de la nature, c'est presque du Miyazaki (en drôle). Par ailleurs, force est de constater que le terreau est un condensé de passages obligés et de clichés (sempiternelles séquences émotion/sacrifice/fraternité). Quand un film d'animation grand public parviendra-t-il, d'un bout à l'autre, à être drôle, intelligent et surprenant à la fois ? [Ceci dit on a la réponse : c'est Ponyo de Miyazaki !].

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