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  • : " On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.
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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 17:23

Bon les gars, je m'excuserai pas. J'ai du retard, ben oui, ben voilà. Soyez déjà heureux que je prenne la peine de m'assoir sur ma superbe chaise amovible et laisse mes doigts agiles gratouiller le clavier. Il y a des femmes très belles et intelligentes qui paieraient pour ça. Ci-après et à une vitesse digne de Sonic le hérisson, compte-rendu de mes consommations culturelles récentes.

 

Les romans :

 

http://notesdeumene.files.wordpress.com/2012/12/la-patrouille-du-temps.jpg?w=185&h=300 

 

 

Technique ♦♦♦

Esthétique ♦♦♦♦

Emotion ♦♦♦

Intellect  

La Patrouille du temps (T1) de Poul Anderson (Le Livre de poche, 2010 [Le Bélial' 2005 & premières publications 1955-1975]

 

Imaginez plein de nouvelles autour d'un personnage nommé Manse Everard qui est patrouilleur du temps. Voilà, vous y êtes. Détendez-vous. Enfoncez-vous dans le canapé. Donc, concrètement, Mansy est chargé de missions (une nouvelle = une mission) lors desquelles il doit faire face à des dérèglements de la trame temporelle, tout ça parce que des chrono-voyageurs font nawak à des époques et en des lieux divers mais toujours assez grunge. Les paradoxes fleurissent, on s'interroge sur les origines et le devenir de l'espèce humaine, et on se sort de situations inextricables au dernier moment, juste avant qu'hache s'abatte.

J'avoue mon profond scepticisme sur ce classique de la SF d'après-guerre. Ca ressemble à de l'Âge d'or (Asimov-Clarke) tardif, en tout cas ça en reprend tous les ingrédients : nouvelles contigues dont l'assemblage peine à ressembler à un roman (notons dans la joie que les cinq textes qui composent mon exemplaires ne sont qu'une partie du cycle), écriture moche et style absent voire en congés, idée directrice lumineuse qui doit suffire à nous convaincre. C'est assez fun de suivre les aventures de Manse Everard, je dois le reconnaître, et il y a des mises en situation vraiment croustillantes et/ou intelligentes, une manière d'anticiper ce générateur d'uchronies que sera le jeu vidéo Civilisation ; mais si on parle de qualité pure des textes... pfff, comment dire. C'est faible, très faible. Déjà le "pilote" qui intronise le personnage principal, c'est une pure catastrophe. Construction épileptique, dialogues ridicules, incohérence de la mise en place. Entre autres. Après, il y a deux cas de figure selon les textes : soit la situation est emballante et on oublie la platitude de l'écriture. Soit non, et du coup, non.

 

 

 

http://4.bp.blogspot.com/-6MlkRMV5AEI/UOsjewJoLuI/AAAAAAAADYw/udpiKY6u35E/s1600/demi-monde-hiver-rod-rees.jpg  http://www.mnemos.com/JOOMLA2/images/couvertures/C1-dit-de-Sargas.gif

Le Demi-Monde (T1 : Hiver) de Rod Rees (Nouveaux Millénaires, 2013 [2011])

 

 

 

Technique ♦♦♦

Esthétique ♦♦♦♦

Emotion ♦♦♦

Intellect  ♦♦


Le Dit de Sargas : Mythes et légendes des Mille-Plateaux de Régis Antoine Jaulin (Mnémos "Ourobores", 2013)

 

 

 

Technique ♦♦♦

Esthétique ♦♦♦

Emotion ♦♦♦♦

Intellect  ♦♦

 

Bon ensuite j'enchaîne avec une rareté dans ma vaste vie : deux romans d'affilée que j'ai pas pu finir. 100 pages pour le premier, 50 pour le second, on pourra pas me reprocher d'avoir essayé. Le Demi-Monde de Rod Rees est une excellente idée : des militaires sont immergés dans un jeu vidéo à réalité virtuelle du genre ultra-réaliste qui contient un monde divisés en États inspirés de nations ou continents réels, avec à leurs têtes les dirigeants les plus psychopathes que l'histoire ait porté. Le but c'est d'entraîner les gens à faire face aux guerres civiles. Bon là je la fais courte, hein, c'est plus compliqué que ça. Chapitres à points de vue alternés, carte géniale, situations assez délirantes. Voilà voilà. Mais tout est salopé par une écriture atroce. Et quelle salade de clichés ! Sur le nazisme, le totalitarisme, que d'amalgames et de raccourcis sur les gentils et les pas bons. Les personnages point de vue sont poilants tellement ils sont niais. Les passages du point de vue de la jeune afro-américaine qu'on enrôle pour une raison obscure dans le jeu sont particulièrement horripilants. Du langage dzeunz forcé, des niveaux de langage et de culture inconciliables qui se téléscopent... une horreur. On dirait une idée de Christopher Priest dont le développement aurait été confié à une lycéenne américaine en chaleur.

Un problème tout autre mais non moins pénible touche Le Dit de Sargas. C'est ce que l'on appelle le Syndrome de Coelho. Je m'explique : cela raconte une histoire sous forme de mythologie inventée mais qui aurait largement puisé ses sources dans l'Inde et l'Extrême Orient. C'est découpé en sortes de sourates, comme le Coran. L'écriture est discrète et pas dégueu pourtant. Mais c'est insupportablement sentencieux. Quand la morale est lue par le prisme d'une mythologie, c'est déjà pas marrant, mais là en sachant que c'est une fiction... on est proche de la sensation d'énervement intense que peut provoquer L'Alchimiste. Plus proche en tout cas que de Ainsi parlait Zarathoustra par exemple. Même effet que la lecture du Silmarillon, c'est-à-dire que ça ne présente pour moi aucune sorte d'intérêt, mais au moins chez Tolkien il y avait une grande fiction préexistante qui pouvait inviter à s'accrocher par affinité préalable. Là, par contre...

 

 

Le film :

 

 

http://jaysanalysis.files.wordpress.com/2012/10/cloud-atlas-film-tie-in.jpg

Cloud Atlas, the Wachowskies, 2013

 

 

Technique 

Esthétique 

Emotion 

Intellect   

 

Un film, mais pas des moindres. Je ne vais pas me lancer dans l'analyse précise qu'il mériterait, faute de temps et de motivation, et vais donc me contenter de cette méthode horrible qui consiste simplement à dire si c'est bieng ou pas bieng. Bon.

 

Cloud Atlas, c'est bieng.

 

Et je ne dis pas ça seulement parce que c'est l'adaptation d'un livre que j'adore de mon auteur préféré (David Mitchell, L'Olivier, 2004). Je suis réellement bluffé par l'intelligence de l'adaptation des frère et soeur Wachowski, que je soupçonne néanmoins d'avoir surtout scénarisé, puisque Tom Tykwer, un cinéaste plutôt imposant (Cours Lola cours, mais aussi le ratage complet de l'adaptation du Parfum de Süskind) est crédité à la réalisation. Au lieu de la structure en coupes franches du roman (des moitiés de nouvelles imbriquées les unes dans les autres), le trio met en place une construction fractionnée. On est dans des lieux et des époques très divers (XVIIIe siècle, début XXe, années 1960, futur proche, futur lointain, États-Unis, Corée, océan Atlantique, etc.) et pourtant chaque univers diégétique cohabite fort bien avec les autres alors même que chaque épisode est très court, n'excède pas quelques minutes avant de céder la place à une nouvelle focalisation spatio-temporelle. Le tout était d'exposer le lien pourtant ténu qui unit toutes les intrigues sans que certaines phagocytent les autres. C'était là le défi majeur de l'adaptation et il est réussi. On peut donc être indulgent envers une réalisation parfois un peu "hollywoodienne", surtout lors de quelques scènes d'action ou de dialogues un peu convenues, indulgent aussi envers cette idée saugrenue de convoquer les mêmes acteurs (et des têtes très connues : Halle Berry, Tom Hanks, Hugo Waeving...) dans toutes les époques et de les grimer, voire les travestir. Ca sent un peu le gadget, mais allez, pourquoi pas. On ne peut pas enlever que plastiquement c'est souvent beau et qu'il y a de la mise en scène tout le temps, notamment sur un point crucial : les transitions entre les scènes, où un soin particulier a été accordé à varier les modalités (cela peut être un mouvement, un son, une ligne de dialogue, un motif visuel, qui lie les époques). Alors il y a cette idée un peu récurrente de la réincarnation qui à mon sens n'est pas celle du roman (que j'ai lu il y a huit ans, certes) qui me chiffonne un peu ; David Mitchell parle d'échos, d'intertextualité, pas de spiritualité stricto sensu. Mais bon allez, ne boudons pas notre plaisir, malgré les 2h45 on est immergé et on ne sent aucune lourdeur. C'est très bieng.

 

 

Les BD :

 

 

http://omerveilles.com/couverture-29494-lehman-serge-gess-l-homme-truque.jpghttp://blog.espritbd.fr/wp-content/uploads/2012/08/LE-SINGE-HARTLEPOOL-de-Morrow.jpghttp://sphotos-a.xx.fbcdn.net/hphotos-prn1/p480x480/31442_10151263789311256_1145438116_n.jpghttp://img.manga-sanctuary.com/big/master-keaton-manga-volume-1-deluxe-71292.jpghttp://static.programme-tv.net/var/i/2013-10/mamathieu.jpg

 

Je vous les fait en vrac.

L'Homme Truqué (Lehman & Gess, L'Atalante, 2013) () est à peu près la suite, ou un addendum, à La Brigade Chimérique, série française formidable sur les super-héros européens et la science-fiction française d'avant-guerre, ou plutôt de leur rendez-vous manqué avec le public. Basé sur le roman éponyme de Maurice Renard (voilà un auteur que je ne connais pas et qui me fait toujours plus envie), c'est toujours aussi bien, captivant, beau, surprenant.

Le Singe de Hartlepool (Wilfrid Lupano, Delcourt, 2012)(♦♦) est fort agréable aussi. C'est une fable morale fabriquée à partir d'un fait réel (XIXe siècle : des Anglais du petit bled pouilleux de Hartlepool prennent un singe échoué d'un bateau pris dans une tempête pour un Français à cause de ses frusques, lui font un procès et le pendent). Tout y est à la fois drôle, élégant et dramatique, avec dessin et découpage cohérents.

Lu aussi le début de l'intégrale de Vagabond (Takehiko Inoue, Tonkam, débuté en 1999)(♦♦), un classique. C'est du manga de sabre (je suis sûr qu'il y a un nom pour ça) semblable à Kenshin mais avec un traitement beaucoup plus sombre et dramatique. Ca raconte la vie du ronin Miyamoto Musashi (ce qui, je suppose, est un nom d'emprunt, puisque pour l'instant le personnage principal n'a pas ce nom là). Violence frontale et combats fréquents, et le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est beau et bien découpé. Pour la structuration de l'histoire, je suis un peu plus embêté, j'ai trouvé ça un peu confusant par moments, et il est vrai que au moment où j'en suis l'intrigue n'est pas encore pâaaassionnante. 

Master Keaton (Naoki Urasawa, Kana, [1988-1994])(), publication française tardive de l'oeuvre méconnue d'un génie notoire. Très bonne surprise, mais pouvait-il en être autrement ? Avec cette histoire de héros enquêteur et expert en survie, un peu Mac Gyver, un peu Sherlock, Urasawa fait du classique à son niveau (dessin au carré, structure efficace avec des épisodes indépendants et des révélations progressives sur le personnage) mais n'a jamais été aussi drôle.

Enfin Le Décalage (M.-A. Mathieu, Delcourt, 2013)(♦♦) est seulement ma deuxième BD de Marc-Antoine Mathieu, qui m'avait tant bluffé avec 3 secondes (nommé Massacre d'or l'an dernier), et forcément ma première de sa série Julius Corentin Acquefaques. Bon, j'ai été moins décontenancé et surtout moins immergé. Bien sûr, Mathieu se joue des conventions structurelles : le personnage principal "rate" son entrée et commence par le deuxième chapitre en ayant zappé le début, après lequel tout le monde va courir pendant toute l'histoire ; en plus, la BD commence... sur la première de couverture ! Bien sûr, il utilise à fond le matériau séquentiel avec son noir et blanc qui percute entre eux les éléments, les bords de cases, les marges, les décors. Bien sûr, il ose aller jusqu'à perturber la forme même des pages et donne un effet déchiré à trois planches centrales qui changent de sens par superposition (c'est le grand moment de cette BD, et au passage un sacré défi technique, sans doute). Tout cela est parfait puisqu'est convoquée l'expérience par toutes les sortes de manières narratives, confondant l'infra et l'extra-diégétique. Mais il m'a manqué un truc : la captivation. Je suis un public difficile, décidément.

 

 

Ca fait quand même une fournée sacrément bonne, je vais pas me plaindre. Espérons autant de la prochaine.

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Published by Nico
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commentaires

nathaloulou 15/04/2013 11:00

Youpi encore de nouveaux massacres !!!
Bon apparemment vu tes notes, ce n'est pas dans cette fabuleuse chronique que je trouverais ma prochaine lecture...
en attendant je vais me rabattre sur Game of Thrones ;-)