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  • : " On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.
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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 19:26

http://cinerevelation.free.fr/Photos%20ocean11.jpg

 

 

 

 

Technique ♦♦♦

Esthétique ♦♦♦♦

Emotion ♦♦♦

Intellect  

 

 

 

Salut à tous. Je vais faire court, non pas par flemmardise, non non du tout, mais plus simplement parce qu'il n'y a pas grand chose à dire sur ce film de Soderbergh et surtout parce que la batterie de mon ordi portable (j'aurais dû dire laptop, c'est plus hype) n'est plus qu'à 32 % du coup j'ai plus beaucoup de temps.

 

Vous savez pas de quoi que ça cause ? C'est pas compliqué, c'est un baraquage de casino entrepris par George Clooney et Brad Pitt avec une bande, et en tout ils sont onze et Clooney s'appelle Daniel Ocean, d'où le titre. Le film n'est pas vraiment inoubliable. Déséquilibré dans sa construction, esthétiquement quelconque, réalisé avec assez peu d'élégance. Souvent mal joué paradoxalement, alors que 50 % de l'intérêt supposé repose sur la distribution. Soderbergh construit son film de la manière suivante : il prend très peu de temps (allez montre en main cinq minutes) à poser l'enjeu du film (faire le plus grand braquage de casino de l'histoire des opportunistes), puis présente chaque personnage en mode "galerie de portraits", cinq minutes chacun, introduits soit par Pitt soit par Clooney qui sont les deux acteurs/personnages point de vue privilégiés. Ensuite, tout le jeu, et c'est ce qui cause le déséquilibre, c'est de retarder les révélations sur le casse pendant la phase d'élaboration, jusqu'au casse lui-même. Ainsi, la première partie nous montre de tout petits éléments qui ne suffisent pas à nous rendre l'extravagance du vol crédible. Mais la seconde partie se sert des rares informations qui nous ont été divulguées sur le plan pour mieux nous le rendre plus extravagant, et moins cohérent encore. Du coup, elle est beaucoup plus surprenante. Point de vue scénario, hein, parce que la manière reste accadémique, voire même limite expédiée. Il y a des blagues un peu tout le temps pour maintenir l'attention, parfois c'est drôle mais enfin ça ne suffit pas. Même, ça transformerait presque cette histoire de braquage (donc l'histoire de l'élaboration d'une stratégie) en film à sketches potache. Je le répète : seule l'exécution proprement dite se révèlera un tantinet prenante.

 

 

 

http://images.susu.org/unionfilms/films/backgrounds/hd/oceans-eleven.jpg

 

 

Néanmoins, je reconnais au film une double lecture sympathique. Le personnage le plus important dans tout ça, c'est finalement la cible du braquage : le propriétaire du casino, Terry Bennedict. Accessoirement, il se révèle le meilleur acteur du film, et je soupçonne Soderbergh, qui ne m'a pas l'air stupide, d'avoir fait volontairement cabotiner à mort les eleven dans sa direction d'acteurs pour mieux l'accent sur le visage granitique, imperturbable (sauf lors de sa défaite, parce que bien entendu le coup réussit) de Andy Garcia. Sa démarche robotique. Ses trajectoires inhumaines. Car bien sûr, il est une allégorie : il représente le capitaliste. La bandes des eleven, dès lors, est un groupe anticonformiste qui refuse de laisser gagner la banque, qui refuse de consommer l'opium du peuple, qui préfère aller se servir là où le Capital dort : dans la chambre forte – comparée à celle d'un silo nucléaire – qui contient les recettes astronomiques d'un lieu de divertissement décérébrant. Avec leurs spécialités, leurs techniques de pointe, leur courage, leur audace, et surtout leur fraternité, ils parviennent à récupérer leur dû d'individu exploité. On pourrait néanmoins penser que cet acte de rébellion masque un conformisme sous-jacent : celui de s'en mettre plein les poches individuellement par appât du gain. Mais la morale est sauve dans la conclusion, puisqu'on découvre que le cerveau de la bande, Clooney, ne se battait pas tant pour les millions que pour récupérer son amour perdu, et même Brad Pitt fait une dernière apparition où il explique drôlement avoir tout claqué dans une chemise et, on le devine, quelques milliers de burritos. Subitement, Ocean's eleven, d'un film de divertissement aguicheur, devient ce genre d'oeuvres que j'appellerais "dénonciatrices décontractées". Soderbergh ne s'embarrasse pas trop d'adopter un ton juste ou de saupoudrer des indices sur l'ambition intellectuelle de la chose, il ne s'embarrasse même pas, à vrai dire, de faire un bon film, ce qui est plus embêtant, il se contente d'illustrer le comique de la situation : onze types rigolos niquent la gueule du système. Et quand ils ont réussi, ils se retrouvent devant des fontaines jaillissantes qui éjaculent métaphoriquement à leur place.

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