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" On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.

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Trois petits films et puis s'en va (Danse avec les loups, Kevin Costner, 1990 – Mamma mia !, Phyllida Lloyd, 2008 – X-men le commencement, Matthew Vaughn, 2011)

 

 

 

 

Du Massacre gratuit et quasiment pas argumenté en trois minutes, c'est possible, la preuve :

 

1ère minute : Danse avec les loups () est un film de merde. Kévin Costner est volontaire pour aller se perdre dans les grandes plaines américaines du temps de la Guerre de Sécession, tout de suite après avoir essuyé un tir de barrage des méchants Tuniques Grises, quand bien même il était sur son cheval. Une fois parvenu dans un camp de base honteusement poussiéreux, il est très solitaire mais rencontre des Indiens (Sioux) qui lui enseignent la coolitude de la vie. Accessoirement, il se tape une Indienne qui fut blanche mais joue aussi très mal. Costner, lui, s'en tire bien, construit son film tranquillement, s'octroie un rôle principal de mec niais et maladroit, ce qui est assez drôle, il filme même plutôt pas mal, surtout quelques scènes de chasse au bison absolument hallucinantes ; il sait aussi provoquer une forte empathie à ce beau peuple Sioux dont les acteurs principaux sont remarquablement grimés et dirigés. Par contre, une voix off pleine de trémolos nous emmerde du début à la fin du métrage, sans que son utilité soit visible à un quelconque moment. Et puis il y a Chaussette.

 

2e minute : Mamma mia ! (♦♦) est un film de merde. Un vrai, celui-là. Une nénette blonde et très chaudasse a pour maman Meryl Streep, laquelle prépare le mariage de sa fille, qui est la nénette blonde, personnage fascinant qui épouse un beau brun imberbe avec l'aide de sa génitrice, qui est Meryl Streep ; Streep sautille environ tout le long du film et chante de la variétoche suédoise, laquelle est également chantée par tous les personnages un peu importants du film, par exemple les trois papas potentiels de la bonnasse qui se marie, et ils chantent du ABBA, comme un peu tout le monde d'ailleurs dans cet extravagant hôtel grec voué à servir d'écrin pour le mariage d'une blondasse, et non pas de sa mère Meryl Streep, cette dernière, trop occupée à sautiller et annoner du ABBA (à peu près juste d'ailleurs), n'étant plus mariée depuis longtemps car elle n'a plus de vie sexuelle depuis qu'elle a baisé avec les trois pères potentiels de sa fille. Qui est une bonnasse. Le plus étonnant dans tout ça, c'est que la bonne humeur et la décontraction soient constantes dans cette comédie musicale, et que même la photo n'est pas dégueu dans certaines scènes, sauf d'autres qui sont ratées. Certains effets de montage sont même drôles, peut-être involontairement. On n'y voit pas assez de nichons au vu de tout ce que l'on nous suggère.

 

3e minute : X-men le commencement (♦♦) est un film de merde qui tente de nous faire croire que Gurney Alleck dans le Dune de David Lynch (et donc le prof Xavier dans la franchise X-men) a en fait pu ne pas être chauve à un moment particulier de sa vie, ce qui, convenons-en, nous propulse en pleine tempête de sable. Xavier est donc jeune et Magneto aussi, ils se rencontrent dans les années, disons, 1970, et on nous raconte tout ce qu'il font pour créer les X-men, ce qui est surtout une manoeuvre de diversion pour nous balancer du bon gros film d'action qui tache dès la première heure et demi achevée. Cet énième opus des gentils mutants eut pu être un poil plus adulte et moins convenu que les autres, il essaie de l'être, il se tortille dans tous les sens pour y parvenir, mais ça ne marche pas. Au début, par exemple, on assiste à l'enfance de Magneto, qui est un déporté juif polonais. On fait tout de suite le parallèle avec les mutants, qui ont peur d'être rejetés pour une question de génome, le film met l'accent sur les notions de race et d'éducation (c'est-à-dire gestion des talents dissimulés), et voilà que se pointe un groupe de jeunes gens dénichés par Xavier et Magneto, et ils sont tous des mutants en formation. Or, le personnage le plus intéressant, et de loin, parmi ces ados débiles, est un afro-américain dont le pouvoir mutagène est de "s'adapter à l'environnement", et en plus il se nomme Darwin ! Et les scénaristes le font crever avant même qu'il serve à quelque chose ! Mais bon Dieu, tout le sujet du film était là, en plus la formation des autres gamins s'avère hyper laborieuse, toute en split-screens qui servent à strictement rien, il vallait mieux explorer les personnages, en particulier CELUI-LA beaucoup mieux ! C'est comme au début, quand Magneto tout gosse est emmené dans le bureau du méchant qui lui demande de faire bouger une pièce de monnaie. Magneto refuse, et là boum, renversement d'axe de la caméra qui nous dévoile en fond une salle de torture. L'enjeu devient dramatique, d'autant qu'on introduit la maman dans la pièce... et puis finalement, le méchant compte jusqu'à 3, Magneto n'arrive pas à faire bouger la pièce, la mère est butée... Mais alors à quoi servait l'amorce de mise en scène qui précédait ? Voilà qui résume ce film : beaucoup d'amorces, peu de réalisation.

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