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" On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.

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Pas ce soir chéri y'en a Mare (Sexe ! – Alexandre Mare, Les Moutons électriques)

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Il est certains essais comme ça, qui font plaisir parce qu'on les dévore comme une bonne vieille fiction. Non, chers amis, un exercice critique sur papier n'est pas voué à être forcément aussi chiant qu'un article du Figaro littéraire. La collection d'essais lancée par les Moutons électriques sous la délicieuse appellation de Bibliothèque des Miroirs me comble d'aise, surtout si tous les volumes sont de ce niveau (tout ce que j'y ai lu, pour l'instant, était d'excellente qualité). Ici, il est question de sexualité, oui, mais pas n'importe laquelle, celle des héros de fictions populaire : Superman, homme invisible, Mitch Buchannon, Wonder Women, asseyez-vous un instant qu'on discute.

 

Le plaisir de lecture du Sexe ! d'Alexandre Mare est quasiment contenu dans l'intention du bouquin : proposer une psychanalyse des héros – des personnages qui, par définition, n'existent pas ! – provoque une objectivation de ces personnages, et de cette façon les réduit aux archétypes qu'ils représentent à notre insu ; plus que ça, à l'insu de leur auteur même ! Par exemple, au sujet des Schtroumpfs, Alexandre Mare se lance dans une série de conjectures parfaitement étrangères à la volonté de Peyo, créateur des petits bonshommes bleus. Ainsi, l'auteur se trouve dessaisi de sa création puisque la distance nécessaire de l'analyse l'exclut néanmoins des débats (il ne sera pas une fois fait mention de la vie et des intentions des artistes dans Sexe !). En somme, on parvient à observer les créatures de près, et l'on feindra de ne pas voir le créateur qui se trouve pourtant tout à côté. C'est l'une des caractéristiques de cet exercice réjouissant des popular studies. Alexandre Mare joue le jeu à fond, convoquant explicitement une somme de références très sérieuses (psychologie bien sûr, mais aussi philosophie et sociologie, sans oublier la critique littéraire presque inévitable d'un Roland Barthes par exemple, qui avec ses Mythologies a quasiment exemplifié le procédé).

 

On serait presque saisis d'un drôle de sentiment en lisant Sexe ! : comme l'impression d'une moindre importance du propos par rapport au vif plaisir de l'énoncé lui-même. Peu importent finalement les conclusion auxquelles Mare parvient, qui sont parfois totalement conjoncturelles ou fantaisistes (on revient à l'exemple des Schtroumpfs), c'est l'exercice lui-même, le ludisme de l'opération qui conduisent à un plaisir intellectuel. Au niveau purement informatif, les articles se révèlent assez inégaux. Les archétypes dégagés débloquent de vastes zones auparavant obscures c'est vrai (lorsqu'un parallèle est établi entre l'île d'origine de Wonder Woman et celle, mythologique, de Lesbos, j'ai été saisi par une forme d'évidence coupable), mais ce que tout cela nous révèle de la fiction populaire se résume à peu de choses : "observons avec attention les évidences sexuelles que dégagent les héros car elles sont partie intégrante du véhicule fictionnel." Tout cela est heureusement parfaitement conclu et densifié par le dernier article. Auparavant, cela n'aura été que variations complices sur des références partagées, le plaisir intellectuel au centre de tout.
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