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" On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.

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Juteuse Islande (Shutter Island – Martin Scorcese, 2010)

http://cine-serie-tv.portail.free.fr/actu-cine/23-07-2009/shutter-island-le-poster-ou-il-manque-du-monde/shutter_island_5.jpg


♦♦

Technique 

Esthétique 

Emotion 

Intellect  ♦♦ 

 


Avec un peu de retard, il est temps de parler d'un film que le Mônde attendait. Dans les bureaux, au café, chez des amis, nous n'étions pas allé voir Shutter Island, non, mais "le dernier Scorcêêêêze". Adaptation d'un thriller de Denis Lehane (le moins bon paraît-il) que je n'ai pas lu mais ma dulcinée oui, avec Di Caprio dans le rôle principal et plein de critiques dithyrambiques de la part de la presse spécialisée, c'était l'événement de la rentrée 2010 qu'il fallait pas rater, ou alors oui éventuellement. Qu'en fut-il vraiment ?

 

Di Caprio, affublé d'un comparse échappé d'un film d'Hitchock (le détail a son importance et nous y reviendrons), prend le bateau pour se rendre sur une île, un caillou de pleine mer plutôt, qui abrite un pénitencier bien particulier puisqu'il fait la part belle à la compréhension et, disons-le, à la psychanalyse plutôt qu'à la détention musclée. Les pensionnaires ne sont pourtant pas des tendres : meurtriers en série et psychotiques en composent l'essentiel de la population. Or, l'une des détenues s'est échappée. Elle n'a pas pu aller bien loin, coincée par des falaises découpées au couteau et l'accessibilité de l'île drastiquement réduite à un ferry quotidien ultra surveillé. Malgré tout, Di Caprio est là pour la retrouver, mais bien vite, les grands pontes qui dirigent le pénitencier, à leur tête Ben Kingsley qui a pris quelques kilos depuis Gandhi, semblent bien louches et l'on se demande si tout cela ne sent pas la conspiration ou l'organisation secrète.



http://media.paperblog.fr/i/217/2175288/bande-annonce-shutter-island-martin-scorsese--L-10.jpeg
 Certains des malades mentaux sont vraiment étranges : regardez celui-ci, un lampadaire lui sort de la tête !

Shutter Island est un bon thriller, tout à fait honnête. Le décor naturel dégotté pour le tournage est fascinant : des bâtiments en brique rouge échappés d'une tranquille pension britannique plantés sur un caillou surnaturel de sauvagerie, le tout superbement éclairé. Au niveau du cadre, de la lumière, de la beauté de certains de plans, c'est du travail chiadé, la patte de Scorcese est notamment visible à ce niveau. Bien vite, l'étrange inquiétude qui émane des lieux trouve corps dans un retournement de situation (de réalité diégétique dirais-je) très hitchcockien, qui peut évoquer rapidement Vertigo, ou encore la légion de thrillers américains schyzophrènes modernes qui va de Memento à La Mémoire dans la peau ou Fight Club et Insomnia. Rien de neuf sous le soleil alors ? Non, sauf que.

 

Dès le début du film, quelque chose me gène ou me dérange ou m'interpelle dans le montage : "C'est bourré de faux raccords", dis-je à ma douce sise sur le siège attenant, qui me confirme cette impression de ses yeux de biche. À certains moments, c'est même carrément démonstratif : un verre d'eau entamé se trouve vide et posé sur la table au plan suivant, des axes sont malaisément retournés, on sent des coupures au beau milieu de l'action, comme de très courtes ellipses qui hachent de façon très discrète la fluidité de la scène. Lorsque le scénario se retourne comme une crêpe et nous laisse à voir un Di Caprio en proie aux psychotropes et à la folie, on comprend enfin l'effet recherché : ces coupures sont le reflet de la réalité altérée vécue par le personnage principal, et elles annoncent en fait la conclusion inattendue (ou un peu attendue, c'est au choix) que sera la situation finale (je n'en dis pas plus pour ne pas vous casser le suspense). Un procédé malin et subtil qui rehausse quelque peu l'intérêt du film, quand bien même il s'agissait déjà d'un chouette thriller, certes empesé par les habituels choix scorcésiens – acteur principal omniprésent, jeu des acteurs démonstratif, scénario obnubilé par l'idée chrétienne de rédemption, etc. Moi qui avais renié Scorcese et son Aviateur tiens, je vais peut-être essayer de choper quelques-uns de ses vieux films que j'ai toujours pas vu, à commencer par Taxi Driver – honte à moi, pardonnez, je me repens.
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N
<br /> ho mais je jette des coups d'oeils TRES régulier pour savoir si je dois continuer à me cacher les yeux ou pas...<br /> (et puis surtout j'écoute !!!!)<br /> <br /> <br />
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F
<br /> pour ce film le mieux c'est encore de lire le bouquin qui est vraiment trés bien (i n'y a presque rien sur les juifs dedans)<br /> <br /> <br />
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F
<br /> nat tu regarde la moitier des films avec les yeux cachés...comment tu fais pour les suivrent?<br /> <br /> <br />
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N
<br /> et bien je viens de le voir,<br /> je dois dire qu'au milieu du film, alors que je me cachais abondament les yeux des revenants juifs entassés aux pieds des camps de concentration, ou face aux enfants dans l'eau ou que sais-je<br /> encore, pendant tout le passage dans le sous-sol du batiment C... bref tout ça m'a fait penser "quelle horreur je deteste ce film sordide de *****"<br /> finalement le retournement de situation dramatique, me fait dire avec le recul que c'est quand même un très bon film, rondement mené, et pourquoi pas, à revoir.<br /> (Un spectateur derrière moi disait qu'en le voyant une 2e fois on se rendait compte de pleins de détails de sa folie, des regards échangés entre soignants etc...)<br /> <br /> <br />
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