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" On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.

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Pas au poing (Vipère au poing – Philippe De Broca, 2004)

Technique

Esthétique

Emotion

Intellect 

D'emblée, Vipère au poing, inspiré d'un petit roman d'Hervé Bazin devenu un improbable classique scolaire, partait avec un pronostic largement défavorable en raison de sa tranche de diffusion : dimanche soir, prime time, sur France 2, c'est l'assurance du métrage mou, franchouillard et vaguement humaniste destiné à endormir le consommateur pour qu'il se réveille aux 7h pétantes syndicales le lundi matin. Surprise, Vipère au poing tape tellement dans le mille que nous nous contenterons de détailler deux plans, oui seulement deux plans, pour évoquer l'arnaque. Il s'agit, en l'occurrence, du plan d'ouverture et du plan de fermeture du film.

 

On démarre, donc : la caméra a très envie de nous présenter les personnages, en premier lieu le délicieux gamin Jules Sitruk déjà vu dans un ratage similaire, Moi César 8 ans et demi ou quelque chose comme ça. Mais, réfrénant son envie, le cadreur, mandaté par son metteur en scène, s'attarde sur la porte vitrée et close d'une armoire qui sert de bibliothèque. À l'intérieur, déchiffrés derrière le verre surcadré, des titres de romans nous sautent aux yeux. Ce sont tous des romans signés Hervé Bazin. La caméra s'attarde suffisamment pour qu'on ait bien le temps de savourer ce pseudo-cameo, ce clin d'oeil vain, cette référence inutile et, qui plus est, anachronique, puisque le récit est en partie autobiographique et narré à la première personne. Mais ce qui compte, c'est la blague, c'est cette tentative de faire de l'esprit qui ne fonctionne pas une seconde parce que c'est trop visible, trop grossier, pas drôle, très loin de fonctionner comme auto-citation. On est loin de la subtilité d'un Kubrick par exemple, lorsqu'il faisait apparaître une pochette du vinyl de 2001 dans Orange mécanique, au sortir d'un déplacement circulaire qui convoquait l'appel à cette référence pour compléter le propos. Enfin bon, pour finir, le cadre se dérobe et plonge dans les entrailles de la maison, qui servira de théâtre à une guéguerre familiale dont je n'avais franchement rien à foutre.




C'était donc ça le secret de Folcoche : elle est protégée par une armure en mythrill !
 

 

Le mauvais goût du film perdure à peu près tout le temps, dans une franchouillardise boulevardière permanente, avec la maison comme décor solitaire et des acteurs plus ou moins concernés : Jacques Villeret, qui vivait encore à l'époque, semble se désintéresser d'un rôle taillé trop près pour sa gueule, Catherine Frot est comme toujours absolument insupportable dans les névroses très personnelles qu'elle fait subir à ses personnages (air méchant, sur-diction métronomique, froideur étudiée, plissement des yeux).

 

Film se passe, à peu près tourné comme il faut mais monté catastrophiquement, et arrive le dernier plan. Pour faire redondance inverse, effet de miroir, il démarre encore par un plan fixe (le visage de Catherine Frot mourrante ou mourrue vieillie par un maquilleur) mais cette fois décolle par travelling arrière. Et l'on découvre un personnage en costume et moustache, que l'on devine être le narrateur plus âgé, qui a la décence de s'éloigner du corps extrême-huilé... pour aller s'asseoir, à deux mètres de là, à un bureau et écrire un point final sur un livre. Devinez quoi, ce livre, c'est Vipère au poing. Déjà imprimé. Chez Grasset. On nous montre bien la couverture jaune caractéristique de l'éditeur pour bien qu'on comprenne que le récit qui vient de nous être narré, c'est l'histoire du livre, et qu'elle s'achève avec la mort de la maman, et que donc, le sujet du livre, c'était (tatatin) la maman. Outre le fait d'être pris pour des débiles, le plan est absolument invraisemblable : d'abord, l'écrivain n'a rien de mieux à foutre que d'aller écrire un point sur un bouquin déjà imprimé et commercialisé, et de plus, le postulat est impossible puisque, la mort de la mère étant la conclusion du bouquin, il n'a pas encore pu terminer de l'écrire, et donc loin encore d'avoir trouvé un éditeur et de l'avoir publié. Ou alors, prenons le problème autrement, on connaît un peu l'oeuvre de Bazin et l'on sait que la mère ne meurt en fait que dans le troisième tome (car c'est une trilogie) nommé Le Cri de la chouette. Alors, pourquoi n'écrit-il pas dans Le Cri de la chouette ? Bref, c'est irréaliste, ça rompt la cohérence interne, c'est donc de la poésie. Ratée. À ce titre, Vipère au poing – le film – est un cas d'école splendide qui prouve que l'introduction d'une caution poétique dans une oeuvre n'est en aucun cas l'assurance de la rendre magistrale et intemporelle, car on peut rater cette tentative, et en beauté, comme dans le cas présent. Il est impensable de prétendre faire de l'accidentel sans bousculer le public.
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N
<br /> À qui le dis-tu ! Vipère au poing ne méritait même pas un Dijon-Châteauroux !<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Et dire que tu aurais pu savourer un bon om psg à la place...Saleté de grippe!Et saleté de parisien!Et saleté de LFP!<br /> <br /> <br />
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