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" On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.

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En pays d'Oz (Le Magicien d'Oz – Franck Baum, 1900 ; Jour fatal – Dean Koontz, 2004)

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/3/7/2/9782290333273.jpg

 

 ♦♦

Technique 

Esthétique ♦♦

Emotion 

Intellect  

 

 

 

Après le choc violent reçu pour Le Voyage de Spivet de Reif Larsen (si vous ne l'avez toujours pas lu, réfléchissez un peu à tout le mal que vous générez dans le monde), de petites lectures de mi-parcours s'imposaient, d'autant que les grands romans s'empilent depuis quelques semaines sur ma pile de livre lus. Voilà justement que je me trouvais à court de fictions. Le sale truc, quoi, où plus rien ne vous fait envie, où vous attendez placidement un coup du sort pour vous sortir de ce pétrin, où même la lecture de L'Équipe vous semble la plus savoureuse des expériences de lecture. Et puis, il se trouve que vous avez une nana, dotée de parents compréhensifs et cultivés. Après avoir dégusté un délicieux morceau de foie sauté garni de purée aux oignons, vous découvrez sur une étagère poussiéreuse un petit volume aux pages brunies. Le Magicien d'Oz, de Franck Baum, texte vieux de plus d'un siècle. Comme vous êtes un gros débile, vous n'avez jamais lu Le Magicien d'Oz de Franck Baum, vieux de plus d'un siècle, non, comme tous les débiles vous avez seulement vu le film un soir de Noël sur France 2. Donc vous vous dites : "Ah ouai, tiens !"

 

Ce qui est drôle dans ce bouquin, du moins dans la version que j'ai eu en main (J'ai lu des années 1970), c'est la note d'intention de l'auteur reproduite au début : "Bon, Grimm et Andersen, c'est très bien, dit-il en substance, mais il s'agirait quand même de revenir à des contes moins violents, moins dérangeants, plus mignons, qui soient vraiment lisibles par les enfants." Moins tortueux, plus poli, plus archétypal, moins déroutant, vous l'avez compris : Le Magicien d'Oz, c'est la version américaine du conte anglais ! Pourtant, l'histoire n'est pas dénuée de combats ni de têtes tranchées, mais il est vrai que l'on ne trouve pas là-dedans le fou panache d'un James Barrie, la cérébrale singularité d'un Lewis Carroll.

 

Donc, nous avons Dorothy, une fillette du Kansas, projetée dans un monde imaginaire (qui ne s'appelle pas Oz d'ailleurs ! Aussi bien dans la version originale – The Wizard of Oz – que dans la française, Oz est le nom du magicien de la Cité d'émeraude ! Titre incompréhensible) par la grâce d'une tornade, qui doit aller consulter le grand Oz pour se tirer de là et rentrer fissa dans son ranch, quand bien même son oncle et sa tante ne paraissent pas très sympathiques. L'obsession du retour chez soi, en voilà une jolie thématique. Mais ce n'est pas l'essentiel, franchement, non, tout est dans les rencontres : en effet, Dorothy croise un épouvantail décérébré, un bûcheron en fer-blanc dépourvu de coeur et un lion poltron, qui la suivent dans ses aventures. On a rarement tissé un réseau d'adjuvants aussi complémentaire : comme dans un jeu vidéo, chacun de ces personnages secondaires aura son utilité et servira à franchir un obstacle. Plusieurs fois, même. Cela devient plutôt lourd au bout d'un moment : alors que la conclusion dans la Cité d'émeraude était très jolie, Baum remet une couche de péripéties pas franchement utiles. Un poil lassant sur la fin donc, mais joli, et essentiel à toute culture de la fiction américaine, un peu comme Dickens mais moins chiant.

 

 

      http://www.images.hachette-livre.fr/media/imgArticle/LGFLIVREDEPOCHE/2010/9782253087908-G.jpg

 

♦♦♦♦

Technique 

Esthétique 

Emotion 

 Intellect   

 

Par la suite, j'acquiers de l'argent et l'investis consciencieusement dans une nouvelle pile de bouquins. Le premier sur la pile, paf, se révélera être le mauvais. Je n'avais jamais lu de Dean Koontz avant (et je n'en lirai jamais plus), mais on m'en a vaguement parlé une fois, la personne me le dépeignant comme un sous-Stephen King hyper productif. J'ai depuis compris la fonction de cette publication en poche : il s'agit de préparer la sortie d'un grand format chez Calmann-Levy je crois. Chères ouailles, croyez-en Le Massacre : ne vous laissez pas tenter. Jour fatal fut une des pires lectures de 2010. Je dois d'ailleurs faire preuve de la plus pure honnêteté : je n'ai pas fini ce roman. J'ai vu un signe du destin dans l'emprunt qui m'en fut fait par inadvertance par une collègue de boulot à qui je destinais d'autres ouvrages. Il fallait, fatalement, que ce texte pourri me fusse arraché par le destin. Il me restait une centaine de pages. Tant pis.

 

Il était donc question de Jimmy, qui est né le jour de la mort de son grand-père ; ce dernier prophétise plusieurs choses sur son lit de mort, notamment la taille et le poids du gamin – et ses prédictions se révèlent exactes – mais aussi il annonce cinq dates qui promettent d'être terribles dans la vie future de Jimmy. 100 pages sont déjà passées, au fait. La scène tire en une interminable longueur, Koontz se perd dans des digressions terribles qui étirent l'écriture (disons, comme du beurre sur une tartine trop grande), laquelle reste plate et fade. Plus tard, Jimmy connaîtra effectivement quelques journées pas très sympathiques aux dates prévues, mais il rencontrera aussi l'amour grâce à elles. La première date donne lieu au seul passage assez joli du livre, soutenu par un triangle de personnages intéressants (Jim, la femme de sa vie qu'il rencontre alors, et leur kidnappeur) et des dialogues rigolos et surréalistes. Malheureusement, la scène dans son ensemble est encore désespérément longue. Si un vrai éditeur avait bossé sur ce roman, il aurait supprimé un tiers, sans forcer. Ajoutez à ça un découpage incompréhensible, avec de minuscule chapitres qui ne structurent rien, et vous obtenez un foutoir incapable de transmettre une quelconque tension narrative. Et puis toutes ces tartines de démonstrations morales manichéennes et judéo-chrétiennes (sur le mode : les méchants sont vraiment très méchants), c'est insupportable. Ne koontzez pas sur moi pour en dire plus.

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U
<br /> Encore une fois, tu vises juste : Le Magicien d'Oz est tout à fait le type de lecture rafraichissante (comme un thé à la menthe tiens !). J'ai lu ce conte (il n'y a pas si longtemps d'ailleurs)<br /> avec un certain plaisir (rends toi compte je ne conservais aucun souvenir du film). Un bon amuse gueule distrayant !<br /> <br /> <br />
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