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Technique ♦♦♦♦
Esthétique ♦♦♦♦
Emotion ♦♦♦♦
Intellect ♦♦♦♦
Hier soir sur Bouygues, ce fut un festival, j'ai découvert le film fétiche des ménagères nunuches et m'en suis fort bien porté ! Bouygues franchement ils sont sympas, c'est les seuls à passer des films des fois, et surprises, parfois ils sont bons ! Je dirai juste quelques mots sur Le Journal de Bridget Jones, parce que bon, hein, voilà.
Renée Zellweger est une trentenaire londonienne à la con, la preuve, elle est attachée de presse dans une maison d'édition, célibataire, elle est un peu boulotte, elle est désastreuse en public avec sa manie de parler sans réfléchir, elle picole et elle fume, elle a des amis envahissants, enfin bref c'est vraiment une nana très cool. Manque de bol, comme toutes les nanas cool, elle est affublée d'une maman atroce qui chercher régulièrement à la caser avec des avocats à la cons aux pulls à tête de cerf. Passées les fêtes, elle prend une bonne résolution : écrire un journal et y relater la somme de ses échecs et de ses aventures. Il faut dire qu'au départ, Le Journal de Bridget Jones est un succès de littérature (écrit par Helen Fielding) qui a plus ou moins lancé, ou propulsé sur le devant de la scène, la mode de la "chick litt", les romans pour gonzesses type Gossip Girls.
Voilà ce qui arrive quand on essaie de se repasser les cheveux. Ne faites pas ça chez vous les enfants.
Tout, dans ce début de film, ressemble à une comédie amerloque à l'eau de rose. Oui, sauf que nous sommes en Angleterre, que Renée n'est pas une Sainte-Marie ordinaire échappée d'un roman de Patricia Cornwell, que son patron est Hugh Grant et que l'on se marre bien. Evidemment, le trait racoleur est forcé par moment : le plan facile sur Hugh dans l'ascenseur en est l'atour le plus visible, et globalement, on ne nage pas non plus dans une fantasmagorie d'inventivité. Malgré tout, ce personnage principal un peu boulottant, grossière, bouffie, nulle en tout et catastrophique dès qu'elle ouvre la bouche, est tout simplement amusant. Qui plus est, elle est mise à mal par le cadre, la caméra se fait un devoir de la filmer sous son angle le moins flatteur, celui qui mettra le mieux l'accent sur les craintes les plus directes de la trentenaire contrariée : qu'elle décide d'enfiler une culotte amincissante atroce de laideur, et on la détaillera sous tous ses aspects ; qu'elle se rende ridicule en public, Bridget sera filmée selon le point de vue éclaté et inavouable de toute l'assemblée. L'acharnement mis à mettre ce personnage – cette actrice – mal à l'aise est assez jouissif. Il y a par exemple ce passage où Renée/Bridget regarde sa performance télévisuelle (elle devient présentatrice télé) à la caserne des pompiers en revenant sans cesse sur un plan compromettant. À l'image, cela donne un scratching de grosses fesses en gros plan enrobées d'un délicieux collant brun, le tout assorti d'un cri de surprise absolument atroce, du grand art, un embarras total pour le personnage, non seulement parce qu'elle voit ça sur sa télé, mais encore parce que nous voyons ça sur la nôtre. Par ailleurs, certains personnages secondaires, comme le rigide Colin Firth, sont assez drôles, tandis que d'autres, Hugh Grant en tête, mais aussi le copain homo, cabotinent un max.
L'histoire se déroule dans le milieu de l'édition, ce qui est inhabituel (on reparlera de livres dans un autre parangon de la comédie romantique moderne, Vous avez un mess@ge avec Tom Hanks) et sympa. Dans une scène, on a carrément droit à un cameo très très drôle avec Salman Rushdie (ou alors un type qui lui ressemble beaucoup), célèbre écrivain nobellisé, et cette culture à la fois intello et délurée, très anglaise en définitive, parsème tout le film, ce qui le rend meilleur que la plupart des productions américaines de même accabit. Bon après, faut pas non plus attendre monts et merveilles, c'est drôle, mais cela devient très sage au bout d'un moment et je n'ai regardé la deuxième partie que d'un oeil distrait. Après cela, je me suis abstrait dans la dégustation de mousse de canard sur du pain, et personne ne peut m'en vouloir outre mesure.