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" On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.

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Je est un connard pas très glorieux (Inglorious Basterds - Quentin Tarentino, 2009)

Technique ♦♦♦♦

Esthétique

Emotion ♦♦

Intellect  ♦♦ 

 

Nous nous mûmes un beau soir de septembre jusqu'au "Variétés", définitivement le plus beau cinéma de Marseille et environs, ex-salle porno aux confortables fauteuils rouges, pour y voir le dernier Tarantino en VO, c'est beau. Dans la chronique qui va suivre, nous verrons dans un premier temps que c'était bien, puis que c'était mal, et nous conclurons que c'était bien.

 

Quelque part dans la campagne française, en plein coeur de la World War II, une maisonnette est prise d'assaut par une bande de SS goguenards traqueurs de juifs. À leur tête, le redoutable colonel Hans Landa (Christopher Waltz, qui traîne son talent d'un bout à l'autre du film), surnommé "le Chasseur de juif", détective professionnel du Reich, bien décidé à débusquer les quelques hébraïtes planqués dans la maisonnette tout en s'amusant et en passant un bon moment. Cette première scène, d'une grosse vingtaine de minutes, est absolument sublime et me paraît rétrospectivement la plus belle du film. J'ai dis "belle" et pas "originale", car en filigrane, cela reste du Tarantino pur texte : d'abord des plans très aérés, d'ensemble, focalisés sur la maisonnette mais embrassant le bocage alentour d'une image nette et blanche, très jolie. Une astuce de mise en scène pour faire démarrer l'action : un drap blanc étendu sur un fil est tiré sur le côté par une jeune fille, révélant ainsi un chemin au loin sur lequel la caméra bascule en profondeur de champ, dès lors qu'il est arpenté par les motos des SS. Ensuite, un long dialogue minutieusement écrit confronte Waltz et le chef de famille (Denis Menochet, excellent ou très bien dirigé, ou les deux, déjà vu dans quelques feuilletons télé dont Julie Lescaut !). Dialogue purement tarantinesque, imperceptible alternance de tension et de relâchements, qui évite intelligemment le tunnel de champs/contrechamps à la con en laissant respirer et bouger le cadre, parfois serré, parfois ample, parfois délicatement tournant. Pour finir, une conclusion franche et brutale qui coupe le souffle de la scène et l'enterre dans la fureur. A la fin de la scène, une des planquées, la jeune Shosanna (la française Mélanie Laurent, bof bof, nulle en diction), parvient à s'enfuir et, bien sûr, va méditer sa vengeance.




Tel Marlon Brando dans Le Parrain, Brad Pitt s'est mis un coton dans la fossette du menton 
 

 

Si tout cela vous rappelle un peu l'histoire de Kill Bill, ou la structure narrative de Pulp Fiction (le film est fragmenté en cinq "épisodes" dont les intrigues se croisent), c'est normal : la recette habituelle est appliquée avec exactitude. Imaginez des sortes de saynettes compilées, chacune reposant sur le principe narratif tarrantinesque, à savoir une exposition, un long dialogue à la fois humoristique et agressif, puis une démonstration brutale de violence. Evidemment, les intrigues de chaque épisode se recoupent entre elles pour développer un fil rouge, mais disons que la transparence du dispositif est moins évidente que dans Pulp Fiction par exemple, à cause de sa linéarité.

 

Evidemment, tout cela est brillant, à l'avenant de la première scène, quoi que souvent moins beau plastiquement : c'est rempli d'astuces de mise en scène, formellement très réussi avec une échelle de plans bien variée, une subtile organisation de la tension, des dialogues très bien écrits, tout ça. C'est très drôle, très frondeur, et pour couronner le tout, c'est une uchronie, à savoir une déviation de l'Histoire passée officielle, je vous laisse découvrir pourquoi. L'esprit du film semble suprêmement crétin. Il faut savoir qu'une force spéciale de l'armée américaine, les "inglorious basterds", composée d'une bande de juifs et d'allemands opposants au Reich, placée sous la férule de Brad Pitt, a été détachée sur le front pour organiser des opérations de nettoyage systématique. Leur job, c'est de dézinguer du nazi, en se marrant bien si possible. Cette désignation du nazi comme ennemi terminal presque mythologique, terrassé par la gouaille et la détermination du yankee est particulièrement caricaturale, et dans les faits, les opérations karcher des basterds ne s'embarrassent d'aucune morale. Précisément, Tarantino non plus ne s'en embarrasse pas, et il ne s'agit pas que de scénario : non seulement ce dernier repose sur un cassage exutoire du nazi, partagé avec le spectateur grâce à une BO percutante parfaitement anachronique, mais en plus la forme frapadingue rehaussée de cartons en polices de caractères type "comics", d'inserts de quelques secondes ne s'embarrassant d'aucune cohérence interne à la diégèse (l'histoire), insiste sur deux choses : d'abord, l'affirmation du style Tarantino. Ensuite, la débilité des éléments filmiques.



"Et j'aime les répliques qui en jettent. Euh je sais... je sais, je suis Quentin Tarantino ! Ouaaiiiii !"
 

 

Le style Tarantino est en fait plus qu'affirmé : il est assené. Il semble nous dire : "Eh, les gars, je suis Tarantino, j'ai un style, s'il vous ennuie c'est pareil, et même sur un film historique basé sur la WWII, je vais faire toujours la même chose, et je vous emmerde." Le connard pas glorieux du titre, c'est lui bien sûr ! Quant à la débilité, on pourra à loisir estimer qu'elle se fait le reflet du monde tel qu'il est, c'est-à-dire que tous les personnages sont aussi cruels les uns que les autres, fussent-ils allemands, français, soldats, SS ou américains, et donc tous débiles. Ou alors, on pourra trouver le film débile pour ce qu'il est, c'est au choix. Quoi qu'il en soit, s'il est bien doté d'un intérêt supérieur à tous les précédents films de cet auteur, Inglorious Basterds le doit principalement à son hallucinante utilisation des langues, et c'est ce qui m'a plu en majorité. Ca parle en français, en allemand, en anglais, ça fuse, ça structure l'histoire, et c'est même très drôle en tant que clin d'oeil extra-diégétique : par exemple dans la première scène lorsque Waltz demande à Menochet s'ils peuvent s'exprimer en anglais plutôt qu'en français : c'est bien sûr plus simple pour le tournage, mais de façon très subtile cela trouve un intérêt au sein de la diégèse ! D'ailleurs les enfants, si pas vu, c'est VO obligatoire, le film doit être absolument inintéressant en français. Et si vous ne m'écoutez pas, eh bien, c'est très mal.
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N
et bien moi aussi je l'ai vu !<br /> (non pas aux variétés mais sous la bibliothèque françois mittérand bref...)<br /> pour être honnête je suis sortie de la salle un peu frustrée en me demandant si j'avais aimé ou pas...certes l'image est esthétique et l'histoire à la fois drôle et violente mais...déjà ça m'a un peu fait bizarre de voir du Tarantino sur ce genre de film historique...et puis surtout je l'ai trouvé par moment un peu long et dans d'autres tout allait tellement vite que j'en été un peu perdue (par exemple la scène du jeu de carte je ne la comprenait pas au début car je n'avais pas reconnu les soldats américains, qui étaient passés trop vite à l'écran dans les scènes précédentes)<br /> bref, j'ai l'intuition que c'est un "bon" film mais il faudra vraiment que je le revoie une seconde pour en apprécier les subtilités...
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O
Snif nous n'aurons pas eu l'opportunité de visionner ce film ensemble, et ça c'est mal.<br /> Vu également aux Variétés avec l'ami Ded, ce film m'a régalé la rétine. <br /> D'abord parceque : la VO. A voir absolument en VO, sinon comment entendre l'accent de Brad Pitt, et ne parlons pas de C.Waltz. <br /> Ensuite et surtout pour le rythme de la mise en scène, alternant scène parlée et moment de pur violence (gratuite?).<br /> Et ça c'est qu'est bon. C'est décalé, acide, violent.<br /> C'est un bon cru. Un fameux même. <br /> Et tu l'a vu sans moi connard non glorieux !
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