" On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.
Lorsque j'ai vu cet ouvrage pour la première fois (lors de la mise en place de la nouveauté dans ma belle petite salle de vente Interforum !), j'ai tout de suite été interpellé par la couverture dénuée de toute fantaisie. C'est en lisant la quatrieme que je me suis dis que cet ouvrage était plus qu'un simple roman de litterature générale. Aidé en cela par le "King" de la S.F (nous avons tous reconnu ici l'illustre Monsieur Lozzi) qui m'a poussé à lire cette oeuvre, je me suis décidé à entamer ce livre. Sans regret, car ce fut pour moi un grand moment de lecture.
Nous entrons directement dans le vif du sujet : notre monde a été dévasté (pourquoi, comment, c'est et ce sera le flou tout au long du livre) et nous suivons les pérégrinations d'un père et de son fils, simplement nommé "l'homme" et "le petit" dans le recit. L'écriture est limpide, ici pas de chapitres, l'auteur se contente de paragraphes très courts pour découper son histoire, ce qui tient en haleine le lecteur, toujours tenté de continuer sa lecture. On vit litteralement les aventures des deux personnages avec beaucoup de facilité et d'émotions, tant les dialogues sont brefs mais intimes entre le père et son fils, et tant la douleur de la solitude est brillamment amenée au travers des pensées du père.
La course contre la mort est lancée tout au long du livre : nos deux protagonistes doivent à la fois survivre sur une Terre dévastée, où toute vie semble avoir été anéantie, en cherchant désespérément de quoi se nourrir et se protéger du froid, mais aussi fuir les derniers survivants de l'espece humaine, devenus des cannibales prêts à tout pour rester en vie. On vit avec intensité aventures et mésanventures avec eux, car au-delà de cette survie, c'est la recherche de l'espoir, infime mais existant, la force qu'il faut trouver pour se sortir de situations désesperées, la fraternité entre deux personnes qui se jouent dans cette oeuvre, où l'on frôle souvent le pessimisme et le malheur (à quoi cela sert-il de vouloir survivre, si on ne sait pas si lendemains heureux il y aura ?), parfois même l'horreur, mais aussi parfois la joie d'exister, d'être ensembles, unis dans tous les moments.
Une belle leçon d'humanité, qui pose une question que tout un chacun pourrait un jour se poser; une fois au pied du mur : que faire ? Garder espoir ? Ou tout abandonner ? A méditer...