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" On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.

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L'opéra de quat'films (Raging bull – Martin Scorcese, 1980 ; Tintin et le secret de la licorne – Steven Spielberg, 2011 ; The Dark Knight – Christopher Nolan, 2008 ; Les Lascars – 2009)

Devant l'impérieuse nécessité de publier des chroniques sur ce blog, j'ai préféré fabriquer à la hâte quatre notices sur des films vus récemment plutôt que pas de chroniques du tout.

 

http://www.legrandaction.com/images/raging-bull/affiche.jpg?4bdc813273cfd20b77fbca412d54e943=01339da8e4063e24744ddc81c3749f11()Dans le cadre de son BTS, ma dulcinée doit voir quelques films dont le sujet est le sport. J'arguai qu'un bon vieux OM-Spartak Moscou de 1993 valait toutes les démonstrations, mais elle préféra enfourner le DVD de Raging Bull dans le mange-disque. Au moins, on a pu éviter Million Dollar Baby, sans quoi c'eût été la source d'un divorce. Raging Bull, donc, c'est un film de Martin Scorcese qui parle du boxeur Jake LaMotta, une tête brûlée qui devint champion du monde des poids moyens contre la fierté française Marcel Cerdan dans les années 1940. La première demi-heure est chiante comme la pluie, notamment parce qu'on blablatte beaucoup en plan-séquence dans un noir et blanc pâteux au sujet des amours tumultueuses de LaMotta et de ses relations, non moins tumultueuses, avec son frère. Par la suite, on s'emmerde un tout petit moins, surtout lors des trop courtes scènes de combat qui sont remarquables. Caméra épaule sur le ring, le mouvement est superbement capté, juste entrecoupé par de brefs inserts en gros plan facial pas avares de giclades de sang réjouissantes. Une fois qu'on a considéré la personnalité assez fascinante du personnage, incontestablement habité par De Niro, on se lasse néanmoins que dans son dernier tiers le film ne se repose plus que sur la performance de son acteur, ce qui est nettement insuffisant, si vous voulez mon avis, pour faire une oeuvre intéressante. Je pense que décidément, Scorcese et moi on est pas copains.

 

http://1.bp.blogspot.com/-qDMjFx3WOHk/TdOUBp4Zi3I/AAAAAAAAANw/G0e5iUc5fSM/s1600/TINTIN-affiche-film-spielberg.jpg()On pouvait craindre le pire du Tintin de Spielberg, et le pire est évité. Par ailleurs, on a pas non plus frôlé le chef d'oeuvre, loin de là. L'intrigue reprend en fait Le Secret de la licorne dans sa première demi-heure, calquée sur l'album, puis s'en sert uniquement de fil rouge, puisqu'on bascule un gros moment sur l'album Le Crabe aux pinces d'or, avant de subir une seconde moitié de film totalement inventée, et de manière pas toujours heureuse, puis de retomber sur nos canines pattes en un final baclé inspiré de la fin du Trésor de Rackham le Rouge. En tant que tintinophile, je respecte l'adaptation spielbergienne en ce qu'elle reprend fort bien tout l'aspect divertissant de l'oeuvre de Hergé. La dimension intellectuelle et émotionnelle, par contre, est totalement absente. Que le voyage sur l'île de Rackham au large de laquelle gît La Licorne n'ait pas lieu, ça ne me défrise pas tant que ça (rajouter cet épisode aurait allourdi le film), mais par contre ça biaise l'idée de ce diptyque, qui disait en gros que le plus grand trésor ne va pas se chercher à l'autre bout du monde, mais dans notre propre cave, notre crypte : nos aïeuls, notre famille, nos racines. Tout est à l'avenant : on a l'amorce, c'est à dire la péripétie, mais pas le développement, c'est à dire l'idée. On reste au stade de l'aventure, du gag et du suspense. Et même jusqu'à exagération : prenons par exemple le passage (inventé par les scénaristes donc, et non pas adapté) dans la ville marocaine. Un plan-séquence tout en verticalité, assez hallucinant dans son écriture certes, va voir une course-poursuite à trois focalisations (1 - Tintin et Haddock ; 2 - les méchants ; 3 - les animaux : Milou et un rapace) dévaster le bled tout entier. C'est vraiment too-much. L'action existe dans Tintin, mais jamais dans ces proportions-là. C'est encore pire dans la séquence suivante et le combat de grue entre Haddock et son adversaire. Il y a de très belles choses néanmoins : l'exposition du film, lors de laquelle Hergé caricature Tintin dans le style ligne claire dans une brocante ; le récit des exploits de l'ancêtre de Haddock par le descendant lui-même ; les milliards de clins d'oeil à divers albums de Tintin pendant tout le film. Une réussite ambivalente dirons-nous, mais qui peine à s'imposer tout entière. Par exemple, si l'aspect visuel en motion capture est plutôt réussi et parfois beau, le sonore est complètement gâché par une musique atroce de John Williams, des voix françaises et des bruitages qui font pâle figure par rapport aux adaptations en dessin animé qu'on a connus enfants.

 

http://a7.idata.over-blog.com/450x600/4/28/06/60/dossier-2/dossier-3/dossier-4/dossier-5/dossier-6/dossier-7/dossier-8/dossier-9/dossier-10/batman-6-the-dark-knight--Christopher-nolan-.jpg()Les films de Christopher Nolan laissent toujours l'impression bizarre que l'aspect esthétique, froid et dur, tout de verre et métal, constitue un système qui nous laisse à distance. Néanmoins, il faut bien constater que cette rigidité est un véritable style, valable depuis le premier Batman et encore exacerbé dans The Dark Knight, le second opus, vu à la télé l'autre soir. L'idée, c'est de raconter Batman, la thématique déjà explorée de la frontière ténue entre héroïsme et monstruosité, avec un traitement réaliste : le "style Nolan" donc. Les scènes d'action sont un peu illisibles, mais la majeure partie du film est bien écrite, la trame bien construite, la mise en scène très précise à défaut d'être hyper élégante. On est quand même loin d'Inception, qui fait aboutir le "style Nolan" en fusionnant admirablement l'intellect, l'émotion et la narration, mais malgré tout, quelques scènes sortent du lot dans ce Dark Knight. En premier lieu celles qui sont occupées, habitées par le Joker, merveilleusement campé par Heath Ledger (heureusement que ce personnage – cet acteur – véhiculent un peu d'émotion, en l'occurence de la frayeur, sans quoi c'eût été vraiment trop clinique) ; et aussi fort bien pensé : comparez ce Joker émacié au maquillage transpirant à celui, enflé et boursouflé, au grimage impeccable, joué par Jack Nicholson, et vous aurez saisi toute la différence entre le cinéma de Nolan et celui de Burton. Rien dans la mise en scène n'abasourdit ; on n'a jamais rien d'exceptionnel, pas une échelle de plans, pas un coup de génie de montage, devant quoi s'extasier. Seulement une photo souvent pas dégueu. Et allez, un plan quand même : le semi-ensemble sur le Joker sortant de l'hôpital avant que ce dernier n'explose. Assez beau et inattendu. En somme, on assiste à un spectacle sympathique à l'exécution correcte et au scénario mature. Pour une adaptation de comics, c'est déjà beaucoup.

 

http://medias.fluctuat.net/films-posters/1/7/17138/les-lascars/affiche-1.jpg()Et enfin, parlons des Lascars, sympathique film d'animation mitonné par Albert Perreira Lazaro et Emmanuel Klotz. Bon moi, l'ambiance gangsta-rap, mecs de téci et tout ça, je supporte pendant cinq minutes avec un certain amusement, mais c'est tout. Ici, il y a quand même une vraie charte graphique, beaucoup d'humour et de second degré dans les gags, ce qui fait que ça passe très bien. Disons que l'intention est parfaitement validée par la réalisation et la mise en scène, mais que l'intention elle-même ne va pas chercher bien loin. La salade de clichés n'est jamais bien loin, mais on la tient à distance grâce à des passages, souvent musicaux, très réussis, je pense notamment à l'inénarrable "danse des poulets" et à la chanson finale dont je ne résiste pas à la pulsion de vous livrer le refrain : "J'crache plus par terre/J'traite plus les mères/J'traverse que quand le p'tit bonhomme est vert". Tout est dit.

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