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  • : " On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.
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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 10:03

http://www.thegreengeekette.fr/wp-content/uploads/2012/07/film_rebelle_pixar.jpg

 

 

 

 

Technique ♦♦♦

Esthétique ♦♦♦

Emotion ♦♦

Intellect  ♦♦♦♦

 

 

 

... où je me lamente du déclin et de la disneysation presque totale du studio d'animation qui a bouleversé le dessin animé des années 2000. Je garde l'espoir que ce long-métrage estival est un projet presque complètement piloté par Disney – et je parle de ce que la multinationale à grande oreilles peut faire de pire – avec à sa tête un certain Mark Andrews qui a également scénarisé le récent John Carter inspiré d'Edgar Rice Burroughs et une certaine Brenda Chapman qui n'a rien fait de notable, l'un comme l'autre pouvant être qualifiés par le service de recherche du Massacre de "tâcherons". Subodorons, avec la méfiance qui nous caractérise, le projet de fond de tiroir voué à concurrencer estivalement les blockbusters. Mais je n'ai pas encore révélé l'information principale : Rebelle est très mauvais.

 

Une petite rouquine hyperactive, dont la plus grande joie consiste à chevaucher dans les landes en tirant à l'arc, est princesse dans un highland écossais médiéval. Sa mère la reine organise une rencontre avec les jeunes prétendants de trois peuples tous plus débiles les uns que les autres. Le Roi, lui, s'en fout, ce qu'il aime dans la vie c'est buter des ours (nous verrons que les ours ont une grande importance dans ce film). Merida, la rouquine, décide qu'elle ne veut pas se marier parce que c'est trop une rebelle (nous verrons que "rebelle" est également le titre du film) alors elle s'enfuit. Mais elle découvre la cabane d'une sorcière lors de la seule scène drôle du film ; ladite sorcière lui prépare un gâteau magique censé "changer" la maman (nous verrons que les relations mère-fille sont en fait le sujet du film). Mais en fait, la maman, ça la change... en ours (je vous avais dit que l'ours était important). À la fin, après quelques péripéties fort chiantes, Merida se rend compte que la crise d'adolescence c'est bien mais qu'il faut aussi argumenter et gagner en sagesse pour devenir adulte, tandis que la reine-mère s'aperçoit que ça peut être cool d'être moins rigoriste et plus à l'écoute de sa fille. Françoise Dolto, sors de ce corps.

 

Bon sans rire : Rebelle est un plongeon décidé dans la période la plus niaise de Disney (on compte d'ailleurs à peu près 192 clins d'oeil à d'anciens Disney). C'est du Pocahontas / Mulan / "film de votre choix comportant une jeune femme qui aime la nature", mais dont la partie technique est assurée par Pixar. C'est à dire plutôt bien. Je ne peux qu'admirer la flamboyance des textures, la beauté des décors, certaines animations comme celle des cheveux roux du personnage principal sont à tomber par terre. Par contre je ne pige pas bien pourquoi faire cohabiter des décors photo-réalistes, très proches de ce qu'on peut voir dans certains jeux vidéo RPG (la ressemblance avec les jeux Bethesda type Morrowind ou Skyrim est frappante) avec un conte moraliste et psychologisant. Au seule moment où la précision des décors peut avoir une importance esthétique, c'est-à-dire lors de l'exposition, les "photos" de highlands sont coupées toutes les deux secondes par un fondu enchaîné... Alors certes, le rendu est soufflant, mais il ne propose du coup aucune esthétique, sauf à de très rares moments (un passage assez beau dans la brume).

 

Plus grave : la mise en scène est absente. L'échelle de plans lors des scènes d'action est un décalque des gimmicks pixariens de base (voire même s'inspire de certaines mécaniques de Dreamworks / Shrek), lors des scènes de dialogues c'est du champ/contrechamp digne de Santa Barbara. Il y a quelques vagues idées autour de personnages secondaires plutôt rigolos (les triplés, la sorcière), mais le reste du temps c'est d'une sagesse qui confine au scolaire. Du reste, outre sa niaiserie continuelle, ses dialogues torchés, et le fait que, globalement, ce film n'a pas d'âme, on nous assène DEUX chansons dont la version française (mais je suis certain que c'est pareil en VO) est digne des pires malversations lyriques entendues dans des dessins animés. C'est du niveau des chansons dans Astérix et les Indiens. Et je puis vous assurer que ce n'est pas un compliment. D'ailleurs, immédiatement et pour clore cette immense déception : musique !

 

 

 

 


 

 

 

Vomissons de concert !

 

 

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