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  • : " On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.
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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 22:26

http://img.over-blog-kiwi.com/0/55/27/01/ob_67c175_le-hobbit-la-desolation-de-smaug-fr-final.jpeg

 

  

Technique    

Esthétique  

Emotion 

Intellect  ♦♦ 

 

 

 

Bon, on va torcher vite fait le petit Hobbit de papa Jackson. Comme dans le précédent volet, venu il y a un an délester nos bourses ventrues reçues de nos grand-mères, un début assez bien tenu précède un invraissemblable tunnel de clichés, de situations anticipées d'un quart d'heures, de guest-staring ridicule (Orlando, sors de ce film !) et d'interminaaaaables scènes d'action montées à la hache.

 

Et ce n'est rien comparé au problème qui prend le plus d'ampleur : Peter a complètement craqué dans la stricte adaptation du roman. Je vous renvoie à ma chronique sur ce dernier,  Le Hobbit est un roman très important car il opère au sein même de ses pages la subtile transition, ce glissement tout doux et tout mignon du conte anglais classique vers la fantasy, dont Le Seigneur des Anneaux allait devenir le parangon presque vingt ans plus tard. On a pu entendre râler contre les célèbres adaptations de la trilogie parce qu'elle ne respectaient pas strictement la lettre des romans, ajoutant une poignée d'elfes par-ci, retranchant un personnage par-là, mais tout cela me laisse indifférent : l'esprit était globalement respecté, le merveilleux cotoyait l'épique, et si Les Deux Tours puis Le Retour du Roi allaient s'enliser, c'était à cause de structures difformes (c'est à dire : des scènes d'action interminaaaaables) et de clins d'oeil censément humoristiques ou classieux qui nous expulsaient violemment de l'immersion (Gimli fait le bouffon, Legolas fait du surf, etc.) alors même que toute l'oeuvre de Tolkien repose sur la suspension d'incrédulité.

 

Dans La Désolation de Smaug, l'enlisement est très rapide car Jackson viole totalement le roman, aussi bien la lettre que l'esprit. Au niveau de la lettre : c'est pas compliqué, les trois-quarts des scènes que l'on voit ne sont absolument pas dans le roman. Ou alors pas comme ça du tout. Cela peut parfois avoir un certain intérêt (l'exploration par Gandalf du repère du Nécromant, l'identification de ce dernier à Sauron : soit !) ou au contraire mettre encore plus l'accent sur l'obsession de Jackson de transformer The Hobbit en une préquelle de Lord of the ring, ce que, je le rappelle, il n'est pas. C'est ainsi que se trouve également violé l'esprit : Jackson fait du Hobbit de la fantasy et n'y laisse que des parcelles de merveilleux. Même dans La Communauté de l'anneau il y avait un esprit "conte" bien supérieur. Enclavé dans un style, identifié par ce qu'il faut bien finir par appeler des tics, il ne parvient plus à nous enchanter. Comme l'an dernier, le premier quart du film a fait illusion avant que l'ennui puis l'énervement ne s'installent. Je ne parviens toujours pas à comprendre comment qui que ce soit ait pu croire que ce conte de 300 pages puisse se transformer en trois longs-métrages de plus de deux heures chacun.

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