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  • : " On a qu'à appeler ça Le Massacre alors. " Mickaël Zielinski, Nicolas Lozzi, mai 2009.
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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 09:27

 

 

Technique ♦♦

Esthétique ♦♦

Emotion 

Intellect   

 

 

 

 

Cela fait longtemps maintenant que je rêve d'un peu de temps (et, restons pragmatiques, de finances adéquates) pour rattraper mon retard culturel (oui, vous avez bien lu, ça paraît incroyable) en matière de cinéma de science-fiction. Notamment les vieux classiques. Je connais assez bien - comment être honnête en restant modeste - la SF sur écran des années 1990 et 2000, voire même cette période qui démarre en 1968 avec cette bonne vieille Odyssée de l'espace et s'étend jusqu'au dernier Star Wars en 1983 (comment ça il y en a eu d'autres ?), mais je maîtrise moins celle d'après-guerre et avant-Kubrick. Esentiellement américaine donc, ce me semble, et un peu russe, mais Tarkovski c'est très chiant. Cet accident, je commence à le réparer grâce à l'acquisition, il y a peu, de quelques galettes prétendues essentielles que je découvre progressivement. Première étape, Planète Interdite, 1956, techniclor et cinémascope, archi-classique.

 

Résumons brièvement : des militaires dans un vaisseau spatial sont envoyés sur une planète aux caractéristiques proches de la Terre, pour y prendre les nouvelles d'une mission précédente qui n'a plus donné signe de vie depuis 19 ans. Débarqués sur place dans leur belle soucoupe à liserés rouges, ils n'y trouvent qu'un rescapé, un homme un peu mystérieux, type "savant occultiste", qui se livre à des expériences douteuses et s'est construit une chouette baraque avec sa fille (qui se révèle donc être le seul organisme de sexe féminin sur la planète, ce qui semble la prédestiner au viol collectif) et le sémillant robot Robby, une IA douée d'une force démesurée. Mais on apprend que tous ses potes de la mission susmentionnée ont péri quelques temps après la colonisation et il y aurait comme un mal étrange qui justifierait le titre du film.

 

 

 

 

 Un concurrent sérieux, mieux gaulé qu'un humain. No way.

 

Bref, si vous y voyez des échos de 2001, Star Trek ou encore Alien, c'est normal, c'est bien pour ça que Forbidden Planet est dit "culte" : pour son influence sur des oeuvres majeures plus modernes. Si ce film est ainsi un mythe, ce n'est que rétrospectivement, car s'il faut parler de ses qualités intrinsèques, euh, comment dire... Bon, il y a Robbie. A part l'androïde femelle de Metropolis, c'est sans doute le premier robot à très forte personnalité de l'histoire du cinéma à rester dans les annales. Son design, ce décalage subtil, dans les dialogues, entre la question que lui pose un personnage, le pianotage cliquetant de ses pistons céphaliques et le surgissement de sa voix monocorde, sont un vrai plaisir, et le rendent effectivement inoubliable. J'ai d'ailleurs souvenir, à présent, de l'avoir vu cité dans plusieurs films ou séries, je repense notamment à une apparition au début de Gremlins de Joe Dante, du moins je suis quasi sûr que c'est lui.

 

Il y a aussi une esthétique pas dégueu dans sa tentative de provoquer le sense of wonder (décors peints, luminosités de la planète), une scène très belle lorsque le "monstre" psychique surgit et que le combat s'engage à coup de blasters, et puis... et puis voilà. Pour le reste, n'ayons pas honte de le dire, c'est globalement très chiant. Planète interdite a beau avoir été réalisé par un immortel (cf. patronyme), la mise en scène est désespérément figée, la direction d'acteurs arthritique et le rythme mal étudié. A l'époque, on devait pouvoir se contenter de miser sur des dialogues aux termes exotiques ("blaster", "laser", "robot"), ce qui n'est pas honteux (Star Wars l'a utilisé tant et plus), et aussi sur quelques effets spéciaux excitants venant courronner une situation globale dépaysante (exploration spatiale). Mais la paresse du film ne survit pas à l'inquisition d'un regard moderne. Aussi, reconnaissons bien volontiers à ce film son statut de classique en ce qu'il a influencé le futur cinéma de SF, mais n'en faisons pas un chef d'oeuvre ou un parangon.

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